La macrophotographie, un monde à part !!? - 1° partie

Le photographe est un être très curieux et sa curiosité s’exprime de mille et une façons étranges. Pour résumé, le photographe, même si parfois il ne voit pas bien, n’a pas ses yeux dans sa poche. L’un des comportements les plus significatifs du photographe est en particulier cette tendance innée à vouloir voir ce qu’il est bien difficile d’apercevoir même avec la meilleure des visions.
Isoler donc le petit en grand format est l’un des fantasmes avoué et assumé du photographe : pour preuve, lâchez un “troupeau” de photographes dans un champ de tulipe et vous êtes sûr qu’il y en aura un pour s’attarder sur le pistil de l’une de ces pauvres plantes dans l’attente d’un rendez-vous supposé avec un insecte volatil.
Succulante

Photographie : Isabelle - Nikkor micro 105 mm f/2.8

Le photographe fait donc acte de macrophotographie ou plus surement de proxiphotographie. Mais par quelle magie cela est-il possible ?… Et si ce n’est pas de la magie, pendant combien d’année faut-il acheter son billet hebdomadaire “euro-million” pour pouvoir espérer gagner et aborder ce monde étrange.

En effet, comment est-il possible de se rapprocher si près d’un objet tout en conservant un agrandissement maximal ? Comment est-il possible, en d’autres termes, de mettre tant de distance entre la dernière lentille de l’objectif (celle que nous voyons !!) et le plan du capteur numérique ? La solution a ce “problème” a été apportée par l’invention de l’objectif macro ou objectif “double tirage” - entre autre ! Il y a bien d’autres alternatives -.
Ces objectifs, de par leur conception innovante à l’époque - et maintenant parfois récurrente sur certains objectifs qui n’ont pas la destiné à être de grand “caillou” macro - sont constitués d’une double rampe hélicoïdale : ce qui leurs permet de “sortir” davantage par rapport à un objectif traditionnel et donc, par voie de conséquence, d’augmenter cette fameuse distance : lentille/plan capteur, le TIRAGE. Avec ce type d’objectif, nous atteignons donc souvent le rapport 1:1 maximal et il est alors possible d’aborder le monde de la macrophotographie mais seulement de l’aborder en toute modestie.
Il y a bien entendu des inconvénients à l’utilisation de tels objectifs. Par exemple, leurs performances sont parfois réduites lorsque nous les utilisons avec de grandes distances de mise au point. Leurs prix sont également souvent prohibitifs, cela est essentiellement dû à leurs qualités optiques excellentes pour obtenir de grands rapports d’agrandissement et à leurs ouvertures maximales importantes nécessaires pour ce type de prise de vue.

QUELQUES LIENS :
Chez Nikon : :
AF-S Micro NIKKOR 60mm f/2.8G ED
AF-S VR 105 mm f/2.8G
Chez Canon :
EF-S 60mm f/2.8 Macro USM
EF 100mm f/2.8 Macro USM
Chez Sigma :
70mm F2,8 DG EX MACRO
50mm F2,8 DG Macro EX
Chez Sony :
SAL-100M28
Chez Tamron :
SP AF 90mm F/2,8 Di MACRO 1:1
Chez Tokina :
AT-X M100 AF PRO D

Clous

Photographie Isabelle - Nikkor micro 105mm f/2.8

Comme je vous le disais, il y a donc des alternatives à l’utilisation d’un objectif “double tirage” bien qu’à priori, cette utilisation reste idéale pour produire de bien belles images.

En premier choix, nous pouvons nous équiper de bagues-allonges. Assez chères, ces tubes métalliques dépourvus de lentilles se placent entre l’objectif et le boitier. Il n’ont évidemment pour but que d’augmenter le tirage et d’obtenir un rapport d’agrandissement proche de la macro. Il n’y a pas de perte de qualité de l’objectif bien qu’il soit préférable d’utiliser avec ce type de matériel des objectifs à focale fixe très lumineux afin de minimiser la perte de luminosité innérante à l’ajout de telles bagues.

Les soufflets sont également une alternative à prendre en considération. Ce sont, en fait, des bagues allonges réglables en longueur. L’inconvénient majeur d’un tel système est qu’il prive le photographe des automatismes de l’objectif parfois bien nécessaires dans certains cas, au moment du déclenchement. La mise en place d’un tel matériel est également fastidieuse et les pertes de luminosités sont de plus importantes au fur et à mesure de l’allongement du soufflet. Pour information, Nikon a longtemps fabriqué des soufflets avant d’arréter la production, c’est pourquoi nous pouvons toujours trouver en vente les soufflets de cette marque : le PB4 et le PB6, souvent d’occasion.

Enfin, bien que largement critiquées en raison de leurs bien mauvaises influences sur le rendu final d’une image, les bonnettes restent sans doute la meilleure des alternatives possibles lorsque nous manquons singulièrement d’argent ! Alors, effectivement, l’utilisation d’une bonnette, c’est à dire d’une lentille convergente vissée devant l’objectif, conduit parfois à de grandes déceptions si nous n’y prenons pas garde et si notre bonnette n’a pas les qualités suivantes :
1 - être un doublet (deux lentilles accolées l’une à l’autre) achromatique afin d’éviter les aberrations
2 - être traitée multicouche comme les objectifs
3 - avoir une valeur de vergence (c’est à dire de focalisation en parlant d’un système optique) inférieure à 3 dioptries afin également d’éviter les aberrations.
4 - enfin, avoir son centre optique parfaitement sur l’axe optique de l’objectif sans quoi il y a risque d’astigmatisme.
(remerciement à “photographiz” !!)
Alors, évidemment, comme vous pouvez vous en apercevoir, tomber sur la bonne bonnette semble être du monde de l’utopie si ce n’est qu’il est fortement conseillé de faire son choix dans la marque de l’objectif destiné à recevoir la lentille. Il y a alors de forte chance que vous soyez satisfait et cela à moindre coût par rapport à l’achat d’un objectif macro.
Cela dit, c’est amusant mais Nikon ne fabrique plus de bonnettes depuis juin 2006, il est toujours possible d’acheter, toutefois, des bonnettes Nikon 6T (2,9 dioptries) neuves ou d’occasion. Canon, quand à lui, apparemment continue la fabrication de sa bonnette 250D (4 dioptries) mais elle reste difficile à trouver.

UN PETIT LIEN :
Chez Kenko/Tokina :
Les Bagues allonges (format P.D.F.)

Merci et bonne lecture

Laisser un commentaire