Cadrage, composition et profondeur de champ …
… Les trois “fantastiques” de la photographie
1° PARTIE : les paysages
Dans le monde de la photographie, nous trouvons toutes sortes d’objets formidables : des appareils numériques “Full Frame” ultra rapides, des objectifs “VR”, des capteurs auto-nettoyants, des trépieds en carbone ultra légers, j’en passe et des meilleurs. C’est, il faut bien le dire, génial !! Mais voila, tous ces beaux objets ne produisent pas encore d’images merveilleuses à notre demande. Et bien oui !! il faut un tant soit peu se poser quelques questions et … les bonnes.
La première des questions qui doit venir à l’esprit est plutôt évidente : que souhaitez-vous faire comme type de photos ? du paysage, de la photo animalière, de la macrophotographie, du portrait, du nu, de la photographie de sport, du reportage … Ou bien tout. Au début, le néophyte a tendance à vouloir réaliser tous types de photos pour la simple et bonne raison qu’il n’appréhende pas encore l’originalité de chaque domaine. Ce passage obligé de recherche est parfois contraignant et souvent décevant, nous voyons régulièrement des personnes abandonner la photo de création pour cette raison là. La faute à qui ? Et bien à un manque de connaissances évident. Un peu comme un peintre, le photographe doit, malgré tout, s’appuyer sur de solides bases artistiques.
Prenons chacun des univers photographiques déjà cités plus haut - ils feront l’objet chacun d’un article et commençons par le paysage : ma fois, c’est un peu, je crois, ma spécialité ! Quand nous voulons prendre un paysage en photo en dehors d’un contexte strictement de vacances ou le souvenir suffit pour que la photo soit belle, il faut avoir une réelle démarche artistique. Il faut se poser les fameuses deuxième et troisième questions essentielles lors de la prise de vue : quel est mon sujet principal ? Comment le mettre en valeur ? Pour cela nous disposons d’un certain nombre d’outils et de notions bien abstraites, il faut le dire : le cadrage, la composition et la profondeur de champ ou PdC.
LE CADRAGE
Au premier abord, “cadrer une photo” - c’est à dire mettre le sujet principal supposé valloir le coup d’oeil dans le cadre dynamique de l’image finale - semble plutôt à la portée du premier venu. Mais voila, il y a cadrer et cadrer, nous ne sommes pas des chasseurs visant le gibier potentiel, il va nous falloir mettre en valeur le sujet principal. Bien souvent, un sujet trop centré, dans le cas particulier d’un paysage, produit une image un peu plate, dépourvue de ligne de fuite et de perspective. C’est pourquoi il est recommandé sans que cela soit une obligation - nous le verrons plus loin - de respecter le sens de lecture c’est à dire la convention culturelle qui veut que nous lisions de gauche à droite et que nous regardions ce qui d’abord se présente devant nous avant d’apprécier l’ensemble du décor. Le sujet principal, en appliquant ces notions quelques peu strictes, devrait donc se trouver plutôt à gauche de l’image dans le cas d’un cadrage horizontal et plutôt en bas de l’image dans le cas d’un cadrage vertical. C’est alors là qu’intervient la composition : notion très abstraite et qui ne s’applique réellement qu’à une et une seule image à la fois.

Exemple de photographie respectant le “sens de lecture”
Premier plan : notre sujet principal - la souche d’arbre
Deuxième plan : l’environnement - le bord de mer agité
Arrière plan : l’échappatoire - l’horizon vers laquelle l’imagination peut aller
A NOTER : le léger flou à partir du deuxième plan pour valoriser le sujet principal … et la découpe des tiers très inégale !!
Photographie : Michel
LA COMPOSITION
Ce mot inclut un certain nombre d’éléments parfois maitrisables liés au déplacement du photographe “autour” du sujet principal et parfois non maitrisables, liés alors aux conditions climatiques par exemple ou aux “parasites” divers qui peuvent contraindre le photographe à ne pas faire la photo (bien qu’avec les appareils photos numériques, pourquoi s’en priver !!). Les déplacements du photographe permettent de s’apercevoir que la photographie peut alors se concevoir comme un véritable “tableau” artistique ou il est possible d’inclure :
un premier plan : il peut valoriser, encadrer le sujet principal, ou bien constituer un rappel intéressant.
Exemple de photographie proposant un premier plan important.
Deuxième plan : notre sujet principal - la mer et les vagues frappant la côte rocheuse
Premier plan : le rappel et le cadre - les rochers dures et sombres
Arrière plan : l’ambiance - le ciel chargé et flamboyant
Photographie : Michel
un arrière plan : dans la plupart des cas suggéré, il peut servir d’élément de localisation, d’élément d’ambiance ou bien d’élément de rupture.
Nous sommes alors avec ce qui précède, dans l’optique d’une composition d’image traditionnelle mais attention ! Le sujet peut-être aussi bien au premier plan qu’à l’arrière plan : c’est à dire que tout le talent du photographe doit faire que ce sujet principal, bien que décentré sur la droite ou en haut de l’image, soit évident lors de l’observation du produit fini. L ‘image doit être “équilibrée” autour de la notion des tiers, certes, mais pas seulement : elle doit être équilibrée par rapport à ce que peut proposer le décor, il faut ainsi éviter les “masses” trop importantes, mal agencées ou disséminées afin d’éviter les dispersions de l’attention. Il faut éviter, également, les flous -je ne parle pas des flous de bougé !! - à fortiori, les ennemis d’un paysage bien composé qui doit transmettre une ambiance, un état. Là intervient enfin la profondeur de champ (PdC).

Exemple de photographie qui ne respecte pas toutes les règles
Deuxième plan : notre sujet principal - le cap fortement suggéré … et à droite de l’image
Premier plan : l’environnement - la mer peu présente
Arrière plan : l’échappatoire - l’horizon et le ciel cette fois ci très présents.
A NOTER : bien souvent, ce type de cadrage est contraint par les conditions !!
Photographie : Michel
LA PROFONDEUR DE CHAMP
La profondeur de champ correspond à la zone de l’espace dans laquelle doit se trouver le sujet à photographier pour que l’on puisse en obtenir une image que l’œil (ou un autre système optique) acceptera comme nette (source : WIKIPEDIA)
Un paysage se doit d’avoir une PdC d’autant plus importante qu’il existe de plans dans l’image mais il n’y a rien de systématique. Il est évident qu’il faut éviter les flous trop denses qui isolent, bien sur, parfaitement le sujet principal mais détruisent parallèlement les ambiances : nous finissons d’ailleurs dans certains cas par ne plus parler de paysage. C’est pourquoi, outre le fait que le paysage s’accommode parfaitement d’objectifs grand angle, nous privilégions les petites ouvertures en sachant bien entendu que ces réglages dépendent énormément de la distance entre l’appareil et la zone de mise au point (souvent, le premier plan) : plus cette distance est importante, plus l’ouverture de l’objectif est grande - f/8 ou f/11, Plus cette distance est faible, plus l’ouverture est petite - f/18 ou f/20.
De plus, l’utilisation d’un objectif grand angle tout en diminuant la distance de mise au point de façon très importante (puisque un sujet peut-être vu net à moins de trente centimètres), permet d’élargir parfaitement les perspectives qui alors sont considérablement accentuées. Ceci dit, l’utilisation d’objectifs de focales différentes - 50 mm ou bien 85 mm voir davantage - permet d’isoler le sujet principal et d’éliminer les éléments trop perturbateurs, c’est dans certain cas un avantage indéniable sur le grand angulaire.

Exemple de photographie proposant une profondeur de champ importante (focale de 27 mm)
Deuxième plan : notre sujet principal - les deux petits rochers à 2 mètres de l’objectif
Premier plan : le rappel - le plateau minéral rugueux à 0,5 mètre de l’objectif
Arrière plan : l’échappatoire - les iles à 2000 mètres de l’objectif
A NOTER : le respect des tiers et l’emplacement très “scolaire” du sujet principal
Photographie : Michel
En conclusion, que pouvons nous dire ? La photo de paysage a des exigences que d’autres styles photographiques n’ont pas. Combiner l’ensemble de ces exigences est parfois difficile d’autant qu’il y a bien souvent, comme je l’ai déjà dit plus haut, des “perturbations” dans la démarche artistiques qui parfois sont incompatibles avec cette dernière. Faire une belle image est donc difficile. Il ne faut pas hésiter à revenir sur le lieu de prise de vue plusieurs fois au cours de la même période et plusieurs fois au cours de l’année pour connaitre et isoler les bonnes conditions, pour finalement s’imprégner de l’atmosphère général.
C’est la rançon de la gloire !!
Bonne lecture.
A venir :
2° partie - la macrophotographie; SEPTEMBRE 2008
3° partie - le portrait et le nu artistique; JANVIER 2009
4° partie - la photo de reportage et la photo de sport; JUIN 2009.

que dire apres cela:bravo michel et au boulot jipé.
février 28th, 2008 at 16:19Ben merci Jipé … mais, tu sais : c’est ma spécialité les paysages. Par contre, j’ai jamais été capable de photographier un papillon !!
mars 3rd, 2008 at 17:34Une petite remarque : pour la troisième photo, il est possible de la rendre un peu plus “présentable” en terme de lecture de l’image en lui appliquant l’option : Miroir horizontal sous GIMP.
mars 11th, 2008 at 15:53Vous pouvez voir ce que cela donne sur mon site : http://www.imago-michel.com
Coucou,
Bonjour à toutes l’équipe de Carnoules, je vois que le site de l’asso est trés à jour. Je suis toujours autant en admiration devant les paysages de Michel, bon je vais continuer à me ballader.
A bientôt
Antoine
mars 16th, 2008 at 23:28Ah, ben alors ça, pour une surprise c’est une surprise - Salut Antoine, comment que tu vas bien ?
mars 17th, 2008 at 7:59