“Mat ou brillant ?”, association pour la photo d’auteur

Vitesse, ouverture, I.S.O. : et naquit la bonne exposition

Les lignes qui suivent s’adressent essentiellement au photographe débutant : celui qui ayant hérité d’un appareil photo numérique (A.P.N.) reflex, ne comprend pas encore les tenants et aboutissants liés aux paramètres proposés par l’appareil. Ces quelques lignes peuvent également constituer une bonne piqure de rappel.
Alors donc ! Quelle est la bonne exposition ? La bonne exposition dépend du niveau de luminosité de la scène à photographier, c’est à dire de la quantité de lumière qui traverse l’objectif de l’appareil et de sa durée. Un troisième paramètres vient perturber cette définition très scolaire : ce sont les valeurs I.S.O. !! Vous verrez que dans certains cas, cette notion est indispensable.

La quantité de lumière : l’ouverture

Il s’agit de l’ouverture du diaphragme de l’objectif, exprimée en millimètre. Plus grande est l’ouverture et évidemment plus importante est la quantité de lumière qui expose le capteur. Inversement, bien sur, plus petite est l’ouverture, moins importante est la quantité de lumière qui expose ce même capteur. Les valeurs d’ouverture ou diaphragmes s’expriment en fonction d’une série de rapport f/x inscrits sur les bagues des objectifs, en général.

f étant la focale en millimètre;
x, une valeur optique de référence déterminée par le rapport de la focale sur l’ouverture.

Les diaphragmes les plus couramment rencontrés (inscrits sur les bagues des objectifs) sont de la plus grande à la plus petite ouverture : f/2.8, f/4, f/5.6, f/8, f/11, f/16, f/22 … Chaque fois que vous réduisez vos réglages d’une valeur de diaphragme, vous réduisez de moitié la quantité de lumière exposant le film à vitesse constante.

De la valeur f/2,8 à la valeur f/4, il y a deux fois moins de lumière.
De la valeurs f/2,8 à la valeur f/22, il y a 64 fois moins de lumière.

Et, évidemment, chaque fois que vous augmentez vos réglages d’une valeur de diaphragme, vous doublez la quantité de lumière traversant l’objectif toujours à vitesse constante.

La “durée” de la lumière : la vitesse d’obturation

Le réglage de la vitesse d’obturation contrôle la durée d’ouverture du rideau de l’obturateur.
Plus cette durée est importante, plus le film est exposé à la lumière quelque soit l’ouverture proposée. Les vitesses d’obturation varient, en général, entre 30 secondes et 1/8000° de seconde maintenant sur les A.P.N. et suivant les modèles d’appareils proposés sur le marché.
Les images nécessitant un temps d’exposition plus long que 30 secondes utilisent des réglages particuliers : il s’agit de la pose B, il faut alors un déclencheur à distance pour éviter tout bougé. Mais couramment sont utilisées des vitesses de 1s, 1/2s, 1/4s, 1/8s, 1/15s, 1/30s, 1/60s, 1/125s, 1/250s, 1/500s, 1/1000s bien que maintenant ces valeurs qui faisaient référence du temps de l’argentique sont quelques peu devenues obsolètes : les A.P.N. proposant régulièrement des valeurs de vitesse intermédiaires par incrément d’1/3.

Entre les valeurs de vitesse 1/8s et 1/15s se trouvent les valeurs suivantes : 1/10s et 1/13s.
Entre les valeurs de vitesse 1/15s et 1/30s se trouvent les valeurs suivantes : 1/20s et 1/25s.

Pour l’exemple, il faut tout de même savoir que la réduction par rapport au réglage initial, d’une seule des valeurs de vitesse citées si dessus (en gras dans le texte) entraine une diminution par un facteur 2 de la quantité de lumière exposant le film et cela à ouverture constante.

De la valeur 1/15s à la valeur 1/30s, il y a deux fois moins de lumière.
De la valeur 1/15s à la valeur 1/1000s, il y a 64 fois moins de lumière.

Bien entendu, la diminution d’une seule de ces valeurs de vitesse entraine l’effet exactement inverse : l’augmentation par deux de la quantité de lumière exposant le capteur évidemment à ouverture constante. C’est là qu’il faut faire attention aux valeurs dites “intermédiaires” : dans l’exemple ci dessus, la quantité de lumière est diminués de moitié lorsque nous passons de la vitesse 1/13s à la vitesse 1/25s !! ATTENTION AU CALCUL.

La combinaison de la vitesse et de l’ouverture

Ainsi, nous pouvons nous apercevoir qu’il y a de nombreuses combinaisons vitesse/ouverture possibles pour obtenir de bonnes expositions en “théorie”. Supposons un sujet exposé correctement pour des valeurs suivantes de vitesse et d’ouverture : 1/125s et f/8, le sujet sera également bien exposé pour les couples de valeurs suivants :
- 1/15s et f/22
- 1/30s et f/16
- 1/60s et f/11
- 1/250s et f/5,6
- 1/500s et f/4
- 1/1000s et f/2,8
Cela reste de la théorie car en réalité, nous voyons vite que la même image présente des variations de lumière notoire !! Quoiqu’il en soit, il s’agit du concept de la “réciprocité” ou de “l’exposition équivalente” à la base de toute créativité en photo.

Et les I.S.O. !!

En dehors de toute ces considérations de réciprocité, un paramètre est également essentiel lors de la prise de vue sans quoi, il est impossible de prendre une photographie dans certaines conditions : c’est la valeur I.S.O.. Que sont les I.S.O. (International Standards Organisation): ce sont les unités de mesure pour la sensibilité du film ou du capteur (en photographie numérique). Plus les valeurs sont élevées, plus le capteur est sensible… Les valeurs d’I.S.O. les plus connues sont 50, 100, 200, 400, 800, 1600, 3200: valeurs historiques puisque issues du passé argentique de la photographie. Mais au même titre que pour la vitesse et l’ouverture, il existe des valeurs intermédiaires qui varient par incrément d’1/3. D’une façon générale, moins il y a de lumière au niveau de la scène à photographier, plus il faudra augmenter la sensibilité du capteur, c’est à dire les valeurs d’I.S.O. en sachant que :

De la valeur 50 à la valeur 100, le capteur est deux fois plus sensible aux basses lumières.
De la valeur 50 à la valeur 3200, le capteur est 64 fois plus sensible aux basses lumières.

Mais attention, ne faites pas de photos sous extention RAW, avec de fortes valeurs en I.S.O. : cela génèrera du “bruit” très important au niveau de votre image finale.

En conclusion, si bien entendu l’appareil photo propose une batterie d’aides à la prise de vue : l’automatisme parfait et bien sur les fonctions priorités (vitesse et ouverture): je pense qu’il est nécessaire à terme de prendre ses distances par rapport à ces propositions de réglages de façon à parfaitement appréhender les variations d’expositions. Finalement, en fonction du type de photo que vous souhaitez faire (et je vous ramène à l’article “cadrage, composition et profondeur de champ …), c’est à vous de définir vos priorités, un exemple :

Vous souhaitez faire une photo à une valeur d’ouverture de f/16. Vous déterminez manuellement en fonction de cette priorité, la bonne vitesse. Si cette vitesse est trop lente, vous choisissez, en fonction de ce que vous voulez faire, d’augmenter la sensibilité du capteur (les valeurs I.S.O.) - il faudra à nouveau modifier alors la valeur de vitesse - ou bien vous vous équipez d’un trépied afin d’éviter tout bougé en utilisant le retardateur.

BONNE LECTURE

mars 4th, 2008 at 15:57


One Response to “Vitesse, ouverture, I.S.O. : et naquit la bonne exposition”

  1. Mich. Says:

    Une précision : quand je dis qu’il est bon de prendre ses distances par rapport aux réglages proposés par l’appareil, cela ne veut pas dire qu’il faut se dispenser de la vivacité de l’autofocus de vos appareils : il est possible en conservant un réglage totalement manuel (M) de laisser l’AF “embrayé” , cela pour certains types de photos.

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