“Mat ou brillant ?”, association pour la photo d’auteur

La retouche photo : pour ou … contre ?!!

Je me souviens d’un jour, il y a quelques années de cela : un jour de vernissage. Une trentaine de mes photographies étaient exposées à la vue des visiteurs et … à leurs critiques. L’un d’entre eux, alors que je discutais tranquillement avec Isabelle, est venu m’interrompre en me posant sans préavis une question qui allait faire par la suite beaucoup de chemin dans ma tête comme vous pouvez vous en apercevoir maintenant : “dites moi, monsieur, sur la photo du fond, vous avez utilisé quelle technique pour rendre le ciel aussi rouge flamboyant que cela”. Je me souviens de mon étonnement, un peu de mon agacement et de ma déception, et surtout de ma réponse : “Mais monsieur, le ciel était rouge, aussi rouge que cela sinon je n’aurai pas pris la peine de faire la photo”. Je n’avais effectivement absolument rien fait sur la photo qui ai pu détourner l’image de la réalité. Et finalement, c’est de cela qu’il s’agit : la simple réalité, redonner à la photo l’aspect originel ni plus ni moins.

Il faut savoir que la photographie subit, au cours de sa création, un certain nombre de dégradations inévitables et liées à l’art photographique même puisque ce dernier s’emploie à utiliser des technologies certes de plus en plus modernes mais toujours dégradantes pour l’image.
L’image, d’abord à l’état embryonnaire, fait d’une multitude de photons, doit en premier lieu traverser un certain nombre de filtres et de lentilles : ceux, bien entendu, de l’objectif. Une première dégradation, insidieuse, s’opère alors. Puis cette image, encore bien virtuelle, frappe le capteur. Ce dernier, protégé par un filtre autonettoyant parfois, ne se prive pas de saboter un peu plus notre “travail”. Et l’image devient alors réalité, prise en charge par le capteur puis par le logiciel de notre appareil photographique numérique (A.P.N.) mais cela ne se fait pas sans mal ni sans perte de qualité d’autant qu’intervient alors la notion d’extention de fichier : RAW ou JPEG

Le RAW est un fichier brut de capteur, non dématricé et non interprété par le microprocesseur du boitier, il est ainsi exempt de tout traitement de netteté, saturation, antibruit, etc… Il est de plus codé au minimum en 12 bits au contraire des fichiers JPEG ou les valeurs sont compressés en 8 bits par le microprocesseur selon une courbe propre au fabriquant. Le JPEG n’est donc qu’une partie du RAW, partie choisie par le microprocesseur et non par nous.
Le RAW est donc un véritable négatif numérique que l’on peut développer avec un “dérawtiseur” en ajustant l’exposition, la balance des blancs, les courbes tonales, la saturation de certaines couleurs, le contraste etc … à sa guise !! (Merci à “withinlights”)

Nous choisirons volontairement de nous orienter vers l’utilisation d’un fichier RAW afin d’éliminer toutes sources de dégradation à ce niveau.
L’image, enfin créée, est stockée sur la carte mémoire de l’A.P.N. dans l’attente du transfert vers notre ordinateur et notre écran, inutile de vous dire qu’elle prend quelques rides au passage malgré nos efforts et malgré le plus grand respect que nous pouvons accorder parfois à notre sacro-sainte chaine graphique toute personnelle.
Pour terminer, le logiciel de lecture des fichiers et de dérawtisation ne se prive pas de nous rappeler alors toute la médiocrité de notre image que nous avons pourtant eu tant de mal à réaliser lors de la prise de vue.

Que faut-il faire, alors ? Baisser les bras et arrêter la photographie de désespoir. Non, je crois qu’il faut se poser la question de ce que nous recherchons dans l’activité photographique et avoir une réelle exigence de qualité du début jusqu’à la fin du traitement de l’image, envers et contre tout. A noter que la démarche n’est pas nouvelle. En effet, la plupart des grands photographes du 20° siècle, de Doisneau à Cartier-Bresson, faisaient appel à un “tireur” professionnel quant ils ne faisaient pas le travail eux mêmes : ces gens excellaient dans ce que nous avons alors eu l’habitude d’appeler la “retouche” des images N/B. Et pourtant, les grands photographes n’ont pas été montrés du doigt pour autant, bien au contraire. Le métier de “tireur” maintenant en voie de disparition, était un métier accepté, reconnu et ma fois nécessaire. Alors aujourd’hui, pourquoi le photographe ne pourrait-il pas agir sur sa photo comme dans l’ancien temps, tout en respectant une charte de qualité et de respect de l’image?

Mais revenons à ma modeste photo. Que constatons nous en la regardant :
- la présence d’un léger voile terne,
- un manque de contraste,
- un manque de netteté.
Aïe !! Voila donc une photo ratée, pourrait-on se dire mais pour en être sur, à ce stade de l’analyse, il n’y a pas d’autre choix que de poursuivre la démarche imposée par notre fichier RAW. Si la photo est mauvaise, nous le serons alors très vite car il est bien impossible de traiter correctement une image défectueuse.

photo1.jpg

D’abord, supprimons doucement le voile terne en utilisant l’option Niveau de notre logiciel GIMP. Notamment, modifions l’histogramme de l’image, les valeurs rentrées dans l’ordinateur sont les suivantes : bas : 30, moyen : 1,4 et haut : 220.

photo2.jpg

Puis ajoutons, si cela est nécessaire, un petit peu de contraste (valeur : 12) sans abus pour supprimer définitivement le voile terne et pour affirmer les contours des objets.

photo3.jpg

Ensuite, et toujours si la raison s’en fait sentir, redonnons un plus de couleur en saturant légèrement l’image (valeur : 15).

photo4.jpg

Enfin, terminons cette “retouche” par l’addition d’un filtre de netteté (valeur : 50 - rubrique “augmenter les contrastes” ?!!) en surveillant bien qu’il n’y ai pas d’excès dans cet ajout.

photo5.jpg

Le “travail” est terminé, je n’en dirai pas plus. Le fichier RAW est alors enregistré dans mon dossier sous extention JPEG. A vous de comparer quelle est la meilleure des photos : celle avant “retouche” ou celle après “retouche”

BONNE LECTURE

mars 18th, 2008 at 18:43


2 Responses to “La retouche photo : pour ou … contre ?!!”

  1. jipé Says:

    vue sous cet angle,c’est evident.a moi de mettre cela en pratique.

  2. Mich. Says:

    Une précision : la photo choisie a été prise volontairement un peu sous-exposée de façon à bien montrer les changements lors de la retouche. D’une façon générale, il est assez rare de rentrer dans l’ordinateur des variations de valeurs aussi importantes tant au niveau de l’histogramme qu’au niveau des contrastes. Il est évident que plus les variations de valeurs de “retouche” sont faibles, plus votre photo est proche de l’excellence !! C’est un peu comme cela que je sais que mes réglages sur le terrain, à postériori, étaient bons…ou mauvais.

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