La macrophotographie, un monde à part !!? - 2° partie
UN PEU PLUS SUR LA MACROPHOTOGRAPHIE
Il y a de cela quelques mois, je vous avais déjà parlé de la macrophotographie : activité alors naissante au sein de l’association. Depuis, les choses sont allées très vite, certains photographes ont investi dans un objectif, d’autres envisagent de développer cette activité ou de fortement s’y intéresser. C’est pourquoi, je suis amené à reprendre un peu les bases du premier article pour rajouter un certain nombre d’informations manquantes.
La macrophotographie commence donc lorsque les distances du sujet (entre l’objet réel et l’objectif) et de l’image (entre l’objectif et le capteur) sont identiques voir lorsque la distance de l’image est plus grande que la distance du sujet : c’est à dire pour des grossissements égaux à 1x et supérieurs (rapport de reproduction de 1/1). Le terme “macrophotographie” ne devrait donc être utilisé qu’à partir du moment où nous travaillons à un rapport de grandissement supérieur ou égal à 1/1. Cela veut dire que si la taille réelle du sujet photographié est par exemple de 1mm, ce dernier devra avoir au moins cette taille (ou plus) sur le capteur ! La macrophotographie nécessite de ce fait l’utilisation de matériels particuliers : les objectifs macro à focales fixes, les bonnettes, les bagues allonges, les téléconvertisseurs. Je ne reviendrais pas sur le matériel car j’ai déjà aborder le sujet dans le premier article. Sachez simplement que c’est le monde de la faible profondeur de champ et que ce monde nécessite souvent d’avoir des connaissances supplémentaires certes modestes mais souvent utiles sur la botanique, les floraisons, le comportement des insectes bien qu’il soit possible de photographier toutes sortes d’objets en macrophotographie. la macrophotographie permet aussi de prendre une multitude d’objets, il est ainsi possible d’isoler une partie minuscule d’un ensemble imposant sans être obliger d’effectuer des recadrages parfois fastidieux et dénaturant. Il est possible de rentrer dans des mondes insoupçonnés qui resteraient sans cela fermés à notre curiosité. D’une façon plus générale, la macrophotographie est l’un des rares univers photographiques qui peut encore très souvent surprendre le spectateur.
Nous allons ainsi dans ce deuxième article aborder les réglages, les éléments de cadrage et de composition de l’image et quelques trucs et astuces qui vous permettrons peut-être de tirer le meilleure partie de chaque situation rencontrée.
I - LES REGLAGES
A - LA MISE AU POINT
a – L’autofocus
Compte tenu du rapport de grandissement et de la faible profondeur de champ en macrophotographie, les autofocus ne sont pas, dans certain cas, d’une grande utilité (voir même l’inverse si l’ AF n’est pas très performant) car ils passent leur temps à “mouliner” pour essayer d’accrocher le point… en vain lorsque il n’y a pas assez de lumière ou lorsqu’il y a présence d’un « objet » entre l’objectif et le sujet. De plus et c’est heureux pour l’expression artistique, seul le photographe est à même de choisir de faire la mise au point sur un détail en particulier afin de mettre son sujet en valeur. Donc, si vous utilisez un boitier reflex, il est parfois nécessaire de débrayer cet automatisme pour revenir à la bonne vieille mise au point manuelle avec toutefois une différence importante : en effet, dans le cas présent, la bague de mise au point ne sert qu’à déterminer un rapport de grandissement. Choississez le meilleur rapport indiqué sur l’objectif, celui qui vous convient pour l’image que vous souhaitez faire (souvent le rapport 1/1 puisque vous êtes en macro !!) et effectuez la netteté en déplaçant le boîtier et votre corps d’avant en arrière et vice versa.
b – Les collimateurs
Il est possible, également, parallèlement à l’utilisation ou pas de l’autofocus, de jouer sur les différents collimateurs proposés par la plupart des A.P.N. Reflex. En particuliers : il est possible de décentrer la zone de mise au point en fonction de l’endroit ou se trouve le sujet principal sur le verre de visée. Vous avez ainsi le choix, parfois, entre 12 zones de mises au points différentes. C’est un outil très intéressant en macrophotographieq. Il évite les déplacements certes faibles de l’appareil et donc du photographe, déplacements qui peuvent provoquer la fuite du sujet si ce dernier est trop farouche, il permet dans certain cas de controler la netteté de la meilleure des façons, il facilte le cadrage et la composition de l’image.
B - L’EXPOSITION (à ISO 100)
Comme dans toute photographie, le couple ouverture/vitesse est déterminant lors de la prise de vue en macro mais à l’inverse des autres thèmes photographiques, la macrophotographie n’offre pas un grand choix d’ouvertures pour plusieurs raisons : il y a bien souvent peu de lumière donc nous sommes obligés d’utiliser de grandes ouvertures, il faut naturellement, de toute façon, éviter les petites ouvertures afin d’éviter toutes aberrations optiques succeptibles d’engendrer une perte de qualité de l’image (en mode « macro » ou « full » sur les objectif, bien sur)
La macrophotographie est le monde de la faible profondeur de champ, c’est à dire que c’est le style photographique qui correspond précisément à cette démarche d’ou l’utilisation normale de grandes ouvertures. Elles permettent d’éliminer des fonds qui, sinon, pourraient être génants pour la « lecture » générale de la photo.
Il est donc fortement conseiller d’utiliser des valeurs de diaphragmes comprises entre f/5,6 et f/11, en évitant d’ouvrir davantage que f/5,6 en raison de la très faible profondeur de champs alors obtenue (à peine 1 mm), en évitant de fermer plus que f/11 pour les raisons déjà évoquées de perte de qualité liée à la conception des objectifs macro. Il faut donc choisir la meilleure ouverture, celle qui vous permettra de déclencher à une vitesse suffisante en l’absence de lumière d’appoint. Nous pouvons déclencher à partir de 1/40° de seconde – 1/50° de seconde sans risque de bougé lorsque nous sommes bien stable, lorsque le sujet bouge très peu et/ou lorsque l’appareil est fixé sur un trépied ou sur un monopode. Nous pouvons nous dispenser de trépied et de monopode pour des vitesses d’1/100° de secondes et plus lorsque le bougé de l’appareil est bien maitrisé et lorsque les conditions extérieures de prises de vue sont relativement bonnes.
Par habitude, je peux vous proposer ces couples de vitesses/ouvertures couramment rencontrées au cours des différentes prises de vues en lumière naturelle :
soleil voilé en plein jour ou début de journée ensoleillé à l’ombre
vitesse : 1/30 ouverture : f/11 (trépied obligatoire)
vitesse : 1/60 ouverture : f/8
vitesse : 1/125 ouverture : f/5,6
forte lumière de milieu de journée à l’ombre
vitesse : 1/80 ouverture : f/11
vitesse : 1/160 ouverture : f/8
vitesse : 1/320 ouverture : f/5,6
Il faudra ensuite penser à corriger les valeurs de vitesses en fonction du choix d’ouverture proposé. La loi de réciprocité atteint vite ces limites lorsque nous utilisons un objectif macro et ce qui est valable à ouverture f/5,6 ne l’ai plus trop à f/11. D’une façon générale, à une ouverture de f/5,6, il est nécessaire bien souvent de diminuer la vitesse de déclenchement d’1/3 IL (Indice de Luminescence). A une ouverture de f/11, il est nécessaire de diminuer cette même vitesse de 2/3 voir 1 IL plein. Nous pouvons alors nous apercevoir avec l’exemple précédent que nous ne pouvons plus déclencher lorsque l’ouverture est à f/11, la vitesse est trop basse : 1/20° de secondes et même moins. La seule solution est alors de « pousser » le capteur à 200 ISO, ce qui entraine de doubler la vitesse de déclenchement et de revenir sans trop de perte de qualité à nos valeurs initiales. Il est nécessaire de surexposer légèrement l’image pour une autre raison : lors de la prise en compte de votre fichier par le logiciel de dérawtisation puis par le logiciel de retouche d’image, vous allez vite vous rendre compte qu’il est plus judicieux d’assombrir une image un peu trop claire à la prise de vue que l’inverse, cela nous permet d’obtenir naturellement une meilleure saturation des couleurs et un meilleur contraste sans faire appel à d’autres outils de mise en valeurs qui peuvent alors provoquer l’apparition de zones sur-contrastées et d’aplats peu esthétiques. Enfin, il est parfois possible qu’il y ai une grande différence de « lumière » entre le sujet et le fond. Il est souvent nécessaire alors de corriger cette différence de lumière, différence qui ne se verra évidemment pas lors des réglages proposés par l’appareil photo :
Lorsque le sujet est noir sur un fond clair : il faut supprimer 1 IL : passer de 1/60° à 1/125° de seconde, par exemple. Lorsque le sujet est clair sur un fond noir : il faut par contre ajouter 1 IL : passer de 1/60° à 1/30° de seconde.
Attention : lorsque le sujet noir prend tout le cadre de l’image, il faut ajouter 1 IL !! Et inversement, lorsque le sujet est clair dans ce même cas de figure, il faut faire l’inverse c’est à dire supprimer 1 IL !!
C - LA PROFONDEUR DE CHAMP
C’est le paramètre le plus important à prendre en compte quand on s’essaye à la macrophotographie, car c’est de lui que va dépendre la “construction finale de votre image. La profondeur de champ ou PdC correspond à la zone de netteté située de part et d’autre du sujet lorsque nous faisons la mise au point sur ce sujet . Cette zone est délimité par deux plans parallèles à celui de la prise de vue. Elle peut être étendu ou rétréci, ce qui donne alors des résultats totalement différents en fonction d’un certain nombre de paramètres associes :
la focale de l’objectif : plus celle-ci sera grande et plus courte sera la PdC, dans le cas d’objectif à focale fixe de type macro, cette dernière n’a finalement que très peu d’influence.
La distance de mise au point : plus elle sera courte et plus courte sera la PdC, cela est vrai pour tous les objectifs et notamment pour un objectif macro mais cette variation est faible proportionnelle aux variations très faibles des distances de mise au point.
Le rapport de grossissement : plus il est grand et plus courte sera la PdC, il est directement lié à la distance de mise au point.
L’ouverture du diaphragme : plus il sera ouvert et plus courte sera la PdC, c’est également vrai pour tous les objectifs. C’est, nous l’avons vu, l’élément technique primordial à prendre en compte lors de l’analyse de l’image et notamment du sujet à photographier.
Pour augmenter la profondeur de champ, il suffira donc de faire passer le diaphragme de la valeur f/5,6 à f/11 par exemple. Mais comme l’ouverture f/11 est plus petite que f/5,6, elle laisse passer moins de lumière : il faudra donc bien évidemment compenser cette perte de lumière en faisant varier les autres paramètres ( la vitesse d’obturation d’abord, la sensibilité ensuite puis utiliser un flash enfin) pour obtenir une exposition, nous l’avons vu précédemment, la plus proche possible de celle obtenue à f/5,6.
Alors pourquoi faire varier la profondeur de champ ? Il y a plusieurs raisons à cela : Une raison liée directement aux conditions de prises de vue, ce n’est pas la meilleure des raisons et sans doute pas celle qui va dans le sens de la créativité, une raison liée directement à ce que nous voulons montrer. Si nous voulons faire un portrait d’insecte, il est courant de réduire la PdC. Si au contraire, nous souhaitons montrer son corps en entier, il faut alors fermer davantage l’objectif et trouver le compromis idéal, une raison liée à la forme même de l’insecte, un corps trapus nécessitera bien souvent une plus grande profondeur de champ. A l’inverse un corps d’insecte fin et long ne nécessitera pas forcement de grande PdC, une raison liée enfin à l’environnement. Il est possible que l’arrière plan ne vous convienne pas du tout, il faudra alors réduire la PdC afin de laisser cette arrière plan très flou. Il est aussi possible que cette arrière plan contribue à renforcer l’impact de la photo finale, auquel cas, il faudra donc amplifier cette PdC afin de suggérer davantage la présence de l’arrière plan et des couleurs associées.
Il faut savoir, enfin, que la visée se fait toujours à pleine ouverture car c’est évidemment plus commode pour le photographe, c’est seulement lors du déclenchement que le diaphragme se ferme à la valeur d’ouverture choisie par l’utilisateur. supposons par exemple que nous souhaitons prendre une photo à f/11 (pour avoir une profondeur de champ respectable). Lorsque nous faisons la visée …c’est donc la profondeur de champ à pleine ouverture que nous voyons. Pour connaitre la profondeur de champs réelle, il est possible d’utiliser le testeur de profondeur de champs. Il s’agit simplement d’un bouton poussoir qui va forcer le diaphragme à se fermer à l’ouverture spécifiée par l’utilisateur. Il suffit alors de pousser ce bouton, constater la profondeur de champ effective, et ajuster l’ ouverture en conséquence : en général nous nous apercevons alors que le viseur s’assombrit, ce qui est bien normal pour des valeurs d’ouverture assez faible. Avec l’expérience, nous utilisons de moins en moins cette possibilité.
D - LA PHOTOGRAPHIE AU FLASH
En macrophotographie, il est fréquent de recourir à des diaphragmes assez fermés (f/8 jusqu’à f11 mais très rarement !!) afin d’obtenir une profondeur de champ suffisante pour que le plan de netteté couvre le sujet. Malheureusement, Il y a alors une perte de lumière importante et nous sommes souvent obligés de réduire notre vitesse d’obturation, les images peuvent alors ne pas être assez nettes d’autant que souvent les conditions extérieures s’en mèlent !! Le moyen le plus pratique pour retrouver de la lumière en toute circonstance, est d’utiliser un flash électronique.
nous pouvons très bien utiliser le flash intégré de l’appareil, il est bien suffisant car il n’est pas nécessaire, vu les distances de prises de vue et les ouvertures utilisées, d’avoir un flash très puissant : ce qu’il faut : c’est gagner 2 vitesse voir 3 d’en certains cas (passer de 1/20° à 1/80° de seconde par exemple). C’est simplement la qualité de la lumière délivrée qui va laisser à désirer pour les prises de vues rapprochées, cela sera le même problème avec n’importe quel autre flash !!
Avec un peu d’astuce et de technique, il y a moyen de contourner ces obstacles et de bénéficier de l’apport d’une lumière artificielle de qualité sans tomber dans le travers des fonds noirs systématiques. Pour cela, il faut commencer par “casser” la lumière délivrée par le flash, soit en augmentant la surface du réflecteur, soit en rapprochant ce dernier du sujet, ou mieux encore, en combinant les deux solutions !
Nous pouvons acheter des diffuseurs dans le commerce type « Lumiquest », « photoflex » ou « micro apollo » à fixer sur les flash cobra ou sur les flash internes. Nous pouvons, tout simplement, fabriquer un diffuseur avec une plaque opaque vendu dans tous les bons magasins de bricolages. Cette plaque se fixera, alors, devant l’objectif à l’aide d’un porte filtre, par exemple. Maintenant que la lumière est mieux adaptée à nos besoins, il suffit de bien régler le couple boitier/flash d’obtenir le résultat escompté et pour cela, deux méthodes existent : le réglage en mode priorité diaphragme et le réglage en mode manuel.
a - Réglage en mode priorité diaphragme
Le réglage se fait en trois étapes :
1.afficher le mode Priorité Diaphragme (mode Av chez Canon et A chez Nikon) sur le boîtier
2.appuyer à mi-course sur le déclencheur pour activer la mesure du posemètre sur votre écran de contrôle puis afficher une correction d’exposition variant de -2/3 de Diaphragme à -2 Diaphragmes par rapport à la mesure théorique de la lumière ambiante. Cela va induire une sous-exposition de la lumière ambiante d’autant !
3.maintenant, sélectionner sur le boîtier la fonction de correction d’exposition pour le flash afin de lui indiquer une valeur INVERSE à celle retenue ci-dessus… c’est à dire variant entre +2/3 de Diaphragme à +2 Diaphragmes.
La lumière du flash va alors légèrement prédominer par rapport à la lumière ambiante et va vous permettre de réduire considérablement le flou de bougé sans pour autant obtenir des fonds noirs systématiques puisque l’écart par rapport à l’exposition théorique idéale ne sera que de -2 Diaphragmes maximum !!
Remarque: prenez soin de surveiller la vitesse d’obturation qui varie en continue selon le diaphragme sélectionné et la lumière ambiante car si la vitesse devient trop basse et tombe en dessous du 1/40éme de seconde ou moins, il va falloir procéder autrement (voir méthode mode Manuel ci-dessous).
b - Réglage en mode manuel
Lors de l’utilisation du flash en mode manuel (mode M), c’est vous qui choisissez vos paramètres de prise de vue tels que “vitesse” et “diaphragme” puis c’est le système TTL du boîtier qui va se charger de doser la quantité de lumière nécessaire au flash pour réaliser une exposition correcte ! Cela peut sembler être la solution idéale mais cette technique ne tient hélas pas compte de la lumière ambiante et comme il est tentant de choisir un petit diaphragme associé à une vitesse d’obturation élevée, cela conduit tout droit à l’obtention d’images avec un fond noir systématique !! Pour éviter, ce genre de désagrément, il faut constamment garder un oeil sur les indications du posemètre dans le viseur qui indique l’écart entre l’exposition théorique et le couple vitesse/diaphragme choisi ! Il faut, en particulier :
1.Choisir une vitesse d’obturation ‘raisonnable” mais suffisante pour vous permettre d’obtenir une image nette (par exemple : 1/8o° ou 1/100° de secondes)
2.sélectionner un diaphragme compris entre F/5,6 et F/10 car il est inutile et même préjudiciable à la qualité des images de choisir un diaphragme de plus de F/11 car la diffraction va sensiblement faire chuter le contraste et le piqué.
3.Assurez-vous que la correction d’exposition au flash est bien réglée sur « zero » sinon toutes vos photos seront ratées pour cause de sous-exposition ou sur-exposition.
4.Important : il faut surveiller en permanence les indications du posemètre via le curseur situé dans le viseur afin de connaitre précisément l’écart de luminosité entre les paramètres vitesse/diaphragme que vous avez choisi et la lumière ambiante ! Si cet écart dépasse les 2 diaphragmes, il vaut mieux modifier votre vitesse et/ou votre diaphragme pour réduire l’écart de luminosité avec la lumière ambiante pour éviter d’avoir un fond noir.
c - Les autres solutions
Il est donc fort possible et à moindre frais de faire de la macrophotographie en lumière artificielle. Par contre, il est évident que l’achat d’un flash annulaire ou bien de flash spécifique pour la macro, donne en toute logique de bien meilleurs résultats si la maitrise de ce type de matériel est parfaite. En intérieur, il est également possible d’utiliser un autre type de matériel : le studio ou une tente de diffusion associé à un éclairage continu. Ce matériel, parfois un peu long à mettre en oeuvre, vous permet de faire de belles compositions macrophotographiques sans l’intervention d’un flash : il faut juste un peu de temps et de patience.
II - LE CADRAGE ET LA COMPOSITION
Le cadrage et la composition de l’image en macrophotographie suivent évidemment les règles générales de construction et de conception de l’image. Mais la macrophotographie un peu comme la photographie animalière, ajoute à l’ensemble de ces données plutôt rigides, une composante à ne pas négliger, le risque permanent de bougé : le bougé du sujet proprement dit, le bougé dû à l’environnement et aux conditions climatiques. Nous n’avons pas forcément le temps de bien cadrer, nous n’avons pas forcément le temps de composer l’image à notre goût. Il faut donc avoir une certaine rigueur et une approche très pragmatique de la photographie au moment de la réalisation.
Voici quelques éléments qui pourrons vous aider : pensez à adapter le cadrage à la forme du sujet. Rapprochez vous lentement du sujet et pensez à régulièrement déclencher jusqu’à être au plus près. Baissez vous et restez à hauteur du sujet : cela rendra l’ensemble plus vivant et réaliste, évitez donc la plongée d’autant plus que les sujets sont souvent effrayés par la masse imposante arrivant alors sur eux. Evitez de centrer le sujet, pensez à la règle des tiers : aidez vous pour cela du verre de visée quadrillé de votre appareil photo. Cherchez l’originalité et le graphisme – c’est très difficile en macro. Utilisez les diagonales et les courbes de la nature ou de la composition pour conduire le regard vers le sujet. Pensez à tourner autour du sujet si vous pouvez pour trouver le fond le plus joli. N’hésitez pas à photographier à f/5.6, cela valorisera le sujet alors bien isolé sur un fond parfaitement flou et homogène. Avant de déclencher, analysez l’image notamment l’harmonie des couleurs et la densité de ces dernières.
III - TRUCS ET ASTUCES
Dans la nature, les conditions ne sont pas forcément idéales. Nous nous apercevons très vite que le fond n’est pas terrible, les insectes sont trop « volatils », Il n’y a pas de rosée; les herbes folles nous cachent et nous gâchent la vue. Pour corriger parfois ces petits défauts qui à la longue deviennent très énervants.
Il existe un certain nombre de petites astuces qui si nous n’en abusons pas, sont parfois d’un grand secours : il est toujours bien par exemple, au niveau vestimentaire, d’éviter les couleurs vives. Faites le choix plutôt de la sobriété et du vert foncé, les insectes n’en seront que moins affolés. Pour le fond, parfois celui ci présente trop d’imperfections, et ces dernières ne disparaissent pas lorsque nous nous déplaçons : un fond coloré uniforme d’environ 1 mètre carré (vert, par exemple) permet parfois de vous tirez d’affaire. Pour attirer les insectes, vous pouvez utiliser de l’eau très sucrée (sirop) à mettre dans une pissette, l’effet de rosée s’obtient un peu de la même façon mais vous remplacez le sirop par de l’eau. Lorsqu’il y a trop de lumière sur le sujet, une bonne solution : c’est l’utilisation d’un diffuseur (parapluie ou circulaire) ou bien d’un filtre circulaire opaque à la lumière type « Lastolite ». Pensez évidemment aussi à vous munir d’un petit sécateur. Il faut, bien entendu, éviter les désherbages à outrance mais parfois, le sujet en vaut vraiment la peine. Il ne s’agit souvent en macro que d’un brin d’herbe !! Vous pouvez également, lorsqu’il y a trop de bougé, utiliser une petite pince reliée directement à votre fixation de sabot (pour les trépieds) à l’aide d’un petit « bras articulé » , objet que vous pouvez fabriquer vous même. Il fixera l’objet, le temps de la photo.
IV - CONCLUSION
La macrophotographie est un monde fascinant et passionnant à plus d’un titre : il met le photographe fortement à contribution, il suscite très vite la curiosité, il permet la création d’images parfois très étonnantes. C’est pour ces raisons et sans doute pour bien d’autre, chacun trouvant dans la macrophotographie une façon de s’exprimer différemment, que cet univers est à la « mode ». Le numérique a de plus favorisé très largement la réalisation puis la diffusion de ce type d’images en raison de la simplicité avec laquelle maintenant nous pouvons aborder ce monde. Le matériel, bien que très cher dans certain cas, a fait de tels progrès, tant au niveau de la simplicité d’utilisation que de la qualité optique, que cela devient un véritable plaisir de s’attarder de longues heures dans un champ de coquelicot !!
Il mérite largement deux articles !!
BONNE LECTURE