“Mat ou brillant ?”, association pour la photo d’auteur

Cadrage, composition et profondeur de champ …

… Les trois “fantastiques” de la photographie

2° PARTIE : la macrophotographie

Bon, j’avoue !! A l’origine? cet article devait paraitre bien plus tôt et puis vous savez ce que sait, le temps passe et nous nous retrouvons un jour avec un article sur les bras : en l’occurence, celui ci. J’ai déjà abordé le thème de la macrophotographie par deux fois déjà*, chaque fois avec beaucoup de plaisir mais pour ce dernier opus, j’ai eu bien du mal à choisir les mots par rapport à un concept qui, évident lorsque nous prenons un paysage, semble parfois être rebutant dans le domaine de la macrophotographie. Finalement, j’ai décidé de me poser la question une bonne fois pour toute : qu’est ce qui conditionne le cadrage et la composition de l’image en macrophotographie ? Quels sont les éléments qui font que nous ne sommes pas forcément soumis aux mêmes régles habituelles de conception de l’image alors qu’intrinsèquement , il n’y a rien de bien différent : la règle des tiers reste la même ainsi que le sens de lecture, par exemple?

Il faut savoir qu’en macrophotographie, nous sommes d’abord tributaire du matériel, c’est en premier lieu lui qui va guider et aiguiser notre regard peu habitué à sonder le monde du petit voir du minuscule. A cause de ce matériel et en fonction du rapport de grossissement utilisé, le cadrage a très vite tendance à manquer d’espace. Effectivement, il ne s’agit pas là d’embrasser un panorama dans sa plus grande hauteur ou largeur mais bien au contraire de trouver le sujet et de faire en sorte de le voir de la meilleure des façons. Il s’agit de valoriser le sujet tout simplement. Le matériel et la technique sont alors de notre coté. La macrophotographie, en effet, impose une profondeur de champ très faible - nous l’avons déjà vu dans les précédents articles* - de ce fait, elle met très vite le sujet principal en valeur sans qu’il y ai d’interventions divine ni très technique derrière tout cela. Le photographe doit simplement prendre garde d’avoir une vitesse suffisante pour éviter un flou de bougé intempestif très pénible et une ouverture tout de même importante pour obtenir une PdC suffisante en fonction du sujet choisi.

Photographie de Valérie Beslant pour MoB

Nous sommes donc également tributaire du sujet, eh oui !! vous allez me dire comme dans tout domaine de la photo et je vous répondrai “bien sur” mais seulement lorsque nous parlons de la qualité du dit sujet - une fleur épanoui semble à priori plus agréable à photographier qu’une fleur fanée - parce qu’en dehors de cet élément esthetique évident, les sujets en macrophotographie (comme d’ailleurs en photographie animalières) sont parfois bien versatiles à l’inverse d’un paysage qui, s’il est amené à changer d’aspect ou de force, ne le fait pas à la seconde même ou nous souhaitons faire la photographie … Et dieu merci. Nous sommes donc face à un élément que nous ne maitrisons pas ou très mal et la seule solution qui peut nous permettre parfois de pleinement réussir notre mission est la rapidité. mais que deviennent alors le cadrage et la composition dans tout cela malmenés par une notion qui ne semble pas leurs faciliter la tache ? Tout le talent du photographe va être alors d’analyser d’abord la situation dans son ensemble sans nécessairement faire des photos d’ailleurs mais en s’attachant à etre discrêt. Il trouvera vite alors des éléments de prises de vue plus convainquant, nous allons y revenir. Un autre aspect très important bien souvent rencontré chez certains sujets : c’est cette propension à présenter des formes de vie incroyablement variés, c’est très penible lorsque nous voulons faire rentrer l’animal dans tout le cadre, lorsque il s’agit de faire un choix esthetique précis ou lorsque nous souhaitons présenter le sujet dans son ensemble. La aussi, il n’y a pas trop à tergiverser : il faut prendre son mal en patience, être le plus discret possible lorsque nous tournons autour du sujet et être toujours à la bonne hauteur.

Photographie de Valerie Beslant pour MoB

Nous sommes enfin tributaire de nous même, de notre capacité à être patient, à analyser la situation et le décor de la scène avec suffisamment de clairvoyance et de gout sans s’essoufler ni s’énerver. C’est une évidence et vous vous apercevrez très vite que ce que nous perdons en temps de préparation, nous le gagnons dans la qualité de l’image finale.

Quelle place a alors la création dans cet espace de donnés extrèmement contraignant ? et bien, l’espace que lui offre le photographe qui a su tout à la fois se dégager des contraintes techniques, analytiques et émotionnelles pour donner le meilleur sur un sujet qui à priori pourrait ne pas valoir le coup. C’est, ce que nous pouvons appeler (j’en est déjà parlé) le talent qui montre que la photo a été parfaitement agencer par rapport à un certain nombre de notions suggestives :
- la régles des tiers :
- le sens de lecture
- le choix du fond
- le choix de la mise en scène
- la qualité des réglages technique, moins suggestives certes mais adaptée au sujet !!

et tout ceci en dehors de toute intervention de l’informatique, le logiciel ne faisant alors qu’apporter la touche finale :
- davantage de netteté
- davantage de contraste
- une saturation des couleurs controlée

Je ne vous parle pas de recadrage, comme vous pouvez le constater bien que la pratique du recadrage en macrophotographie est plutôt courante, bien plus que pour le paysage par exemple. Mais cette solution, même si elle présente un certain confort, doit etre limitée, pourquoi ? Parce que cette “perte de matière”, si trop importante, ne permet pas d’obtenir des tirages sufisamment grands ou bien une présentation sur la toile intéressante, parce que cette pratique ne peut pas faire école, je veux dire par là, qu’elle détourne le photographe de sa mission d’exigence et de qualité. Il ne doit pas y avoir d’habitude dans ce cas précis.

Photographie de Valerie Beslant pour MoB

C’est maintenant au photographe d’entrer en action, d’arriver immédiatement à cadrer parfaitement son sujet dans le viseur de l’objectif en respectant le rapport de macro sans trembler : Une aide précieuse consiste à utiliser un verre dépoli quadrillé, la plupart des reflex numériques en sont maintenant équipés. Le photographe verra alors qu’il est toujours mieux de laisser un peu d’espace devant le sujet, qu’il est toujours mieux de jouer sur les différentes zones d’analyse de l’image et de nettetés proposées par les constructeur d’appareil photo afin d’éviter des déplacements trop importants du matériel. Ces outils techniques sont alors d’une grande aide car ils participent à la réalisation de l’image d’une façon éloquente et ils donnent un véritable aperçu de l’ensemble du tableau proposé.
Je n’en dirai pas plus car je penses fortement qu’en macrophotographie ce n’est pas tant la construction de l’image qui pose problème que les contraintes très fortes apportées par le matériel. les régles esthetiques sont en général toutes les mêmes et lorsque nous avons l’habitude de faire d’autres images dans un contexte plus “tranquille”, il n’y a pas de raison de de ne pas le faire en macrophotographie.

BONNE LECTURE

*Voir les deux articles : La macrophotographie, un monde à part !!?
- 1° partie
- 2° partie

octobre 18th, 2008 at 21:17


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