“Mat ou brillant ?”, association pour la photo d’auteur

les blancs pèsent lourds

Quand j’ai acheté mon appareil numérique réflex, il y a maintenant 11 mois, une notion m’a de suite interpelé car absente (au niveau des réglages du boitiers) du monde argentique, elle constituait pour moi un élément de progrès indéniable : c’est la fameuse “balance des blancs”. Maintenant et avec le recul, je suis toujours persuadé que c’est l’un des outils de mise en valeur essentiel dans la photographie moderne car de cet outil de prises de vue va dépendre l’ensemble des processus qui vont par la suite conduire à l’obtention d’un tirage de belle qualité (il y en a bien d’autres, je vous l’accorde) mais les “choses” ne sont pas si compliquées que cela finalement !!

Une petite définition

Alors qu’est ce que la “balance des blancs” ? Comment pouvons nous interpréter ce terme qui à priori ne veut pas dire grand chose ? Il faut d’abord savoir que le capteur de l’appareil photo numérique réflex, sensible à la lumière, a besoin d’être étalonné. Il est d’abord étalonné lors de sa conception : il en résulte alors une norme de qualité issu d’une moyenne calculée pour chaque situation qui se présente et qui peut être définie comme la balance des blancs automatique. Puis dans certain cas précis, ce capteur doit être étalonné par le photographe qui alors modifie le comportement standard de l’appareil qui sinon ne pourrait pas assumer sa mission de contrôle de la lumière : c’est donc le cas quand l’image est prise sous lumière tungstène ou fluorescente par exemple. la “balance des blancs” corrige donc les dominantes de couleurs qui apparaissent parfois lors de la prise de vue et qui sont maintenant facilement repérables à l’aide des écrans LCD de nos appareils.

l’interprétation des différents réglages de la “balance des blancs”

Nous savons maintenant que la balance des blancs va, toujours dans certain cas et sous l’action du photographe, rétablir l’équilibre des couleurs afin que l’image finale soit plus proche de la réalité visuelle : celle imposée notamment par nos yeux et notre cerveau. Mais, finalement, en utilisant cette fonction, quel aspect physique de la lumière modifions nous ? Et bien nous modifions simplement la température des couleurs au moment ou nous prenons la photographie. Nous faisons déjà en quelque sorte un acte de création en modifiant ce que propose l’appareil soit en “réchauffant” l’ambiance mal perçu par le capteur , soit l’inverse . La température des couleurs s’exprime en degré Kelvin, par exemple, la lumière du jour “daylight” correspond bien souvent à une température de 5500°K : c’est la lumière que produit le soleil lorsqu’il est proche du zénith. les couleurs concernées sont donc évidemment celles que l’oeil est capable de voir, nous parlons de couleurs apparentes qui vont de la plus chaude : le rouge vers 1000°K à la plus froide le bleu vers 20000°K.

Deux exemples et … pas un de plus

Je vais vous donner deux exemples pour étayer cet aspect physique de la photographie qui à l’heure du numérique est si importante : le soleil à l’horizon produit d’une façon générale une lumière chaude proche de 2000°K, c’est à dire à dominante rouge, orange. un ciel très couvert produit par contre une lumière froide proche de 9000°K donc à dominante bleue, grise. La conséquence dans ces deux cas précis est évidente, il est possible que les objets sur l’image comportent une dominante de couleur trop chaude ou trop froide qui ne corresponde pas à la réalité du moment. Une correction devra alors probablement être étudier de façon à compenser ce déséquilibre. Mais, attention, il est également possible que le réglage automatique de la “balance des blancs” suffise amplement à votre bonheur.

Les différents types de correction de la “balance des blancs”

Dans le temps, à l’époque pas encore révolue de l’argentique, les photographes utilisaient des filtres afin de corriger les température de couleurs, ils appliquaient à la dominante existante, un filtre de dominante inverse. Maintenant, le photographe utilisant le matériel numérique, a plusieurs possibilités liées directement à ces choix de prises de vue. il peut, nous allons le voir, modifier la balance des blancs et la température des couleurs lors de la prise de vue, bien entendu mais il peut également réaliser ces réglages à postériori : c’est à dire tranquillement chez lui devant l’ordinateur.

La modification de la balance des blancs à la prise de vue

L’APN réflex propose en général, aussi bien sur les modèles d’entrée de gamme que sur les modèles plus évolués, des pré-réglages de la balance des blancs faisant références à des situations de prises de vue couramment rencontrées dans la vie de tous les jours. Je vous fait ci dessous une liste de ces pré-réglages mais sachez qu’ils varient quelque peu suivant la marque de l’appareil réflex :

- WB (nikon) ou AWB (canon) : balance des blancs automatique calculé par l’appareil et valable pour des valeurs de température couramment rencontrées : entre 3000 et 7000°K.
- lumière tungstene : balance des blancs annulant la dominante orangée (3200°K) de ce type d’éclairage.
- lumière fluorescente : balance des blancs annulant la dominante chaude (4000°K) de ce type d’eclairage.
- lumière du jour” (soleil) : température de couleur type (5200 à 5500°K) retrouvée dans le cas de très beau temps.
- flash : proche de la lumière du jour : 6000°K, ce réglage est bien adapté à l’usage des flash cobra.
- nuage : balance des blancs annulant légèrement la dominante froide (6000°K° des photos prises dans ces situations là.
- maison - zone d’ombre : balance des blancs annulant la dominante fortement bleu (7000°K) des photos prises à l’ombre.

Il s’agit, vous l’avez compris, pour le photographe de choisir le mode de correction adapté à la situation dans laquelle il se trouve. A priori, cela n’a rien de bien difficile et il est d’ailleurs conseillé de pratiquer ainsi et par la suite d’affiner si nécessaire la correction en utilisant sur le logiciel de traitement de l’image (lorsque cela est possible) les réglages de températures proposés.
Il est possible aussi lors de la prise de vue et quand nous utilisons des APN réflex plus évolués, de modifier directement la température de couleur sans utiliser ces pré-réglages. Vous pouvez ainsi à loisir refroidir une ambiance à votre gout trop chaude ou l’inverse en jouant directement sur le curseur de température et cela pour des températures comprises entre 2800 et 10000°K, en général.
Il est possible, enfin et toujours à la prise de vue, de réaliser sa propre balance des blancs, nous parlons de balance des blancs prédéfini (PRE chez NIKON) ou personnalisée. l’intérêt de cette technique de pré-traitement de l’image et qu’il est alors possible de déterminer avec exactitude, la température de couleur existante au moment précis ou nous souhaitons prendre la photo. Mais, attention, il faut être précis en choisissant une charte de blanc (une feuille blanche suffit bien souvent) ou de gris (lastolite ezybalance ou kodak grey card) suffisamment grande pour couvrir le champs de visée de l’appareil photo. Il est de plus recommandé lors de la réalisation de cette balance des blancs personnalisée de sur-exposer légèrement l’appareil afin d’éliminer tout risque de bruit pouvant être généré lors de la manipulation. Il est également recommandé de réaliser cette manipulation autant de fois que souhaité et surtout lors de conditions de prises de vue très changeantes (aurore ou crépuscule), cela devient alors un peu fastidieux. Pour conclure, je vous laisse découvrir le manuel de votre APN à ce sujet, les façons de procédé diffèrent parfois fortement suivant les marques d’appareil.

JPEG ou RAW ?

Il est évident que le choix du type de fichier à la prise de vue a son importance, c’est l’éternel débat entre l’option JPEG ou RAW mais là toujours et au risque de fâcher certaines personnes, il n’y a pas d’hésitation à avoir. Le photographe, dans le cas d’une utilisation JPEG, prend un risque évident : celui dans certain cas de prises de vue, de mal choisir sa balance des blancs : il n’a alors, par la suite, aucune possibilité pour rattraper cette erreur si ce n’est à l’aide de manipulations génératrices de bruit et dégradantes pour l’image puisqu’il ne s’agit pas d’un fichier brut c’est à dire vierge de toute modification par l’appareil numérique. Les fichiers RAW, au contraire, offrent au photographe de vastes choix créatifs en matière de balance des blancs car non seulement, il est possible de rattraper relativement facilement les erreurs de pré-réglages mais il est également possible de choisir à postériori la balance des blancs qui conviendra le mieux en fonction de l’ambiance désirée.

La modification de la balance des blancs devant l’ordinateur

Pour ma part, j’ai fait le choix de … ne pas faire de choix, c’est à dire que je conserve le réglage automatique de la balance des blancs dans la plupart des cas, lors de mes prises de vue. Pourquoi ?
Pour deux raisons pratiques et qui m’évitent des manipulations trop lourdes alors que les phénomènes qui m’intéressent sont parfois rapide : je photographie essentiellement dans des conditions de lumières extrêmes : au petit matin ou tard dans la soirée, je préfère donc m’installer tranquillement devant mon ordinateur : j’ai alors le temps pour corriger ce qui peut l’être. Pour ce faire, rien de mieux que d’utiliser les logiciels de “dérawtisation” qui outre le fait qu’ils sont capables de prendre en charge ce type de fichier, ils sont également capables de proposer une correction de la balance des blanc à postériori pratiquement identiques aux appareils photos numériques réflex. C’est d’une aide très appréciable lorsque par inadvertance ou précipitation, nous avons mal réglé notre balance des blancs lors de la prise de vue (ce qui ne devrait arriver que très très rarement !!) ou bien lorsque nous avons mal jugé de l’effet de nos réglages (cela arrive beaucoup plus souvent). Le logiciel est alors derrière pour rattraper parfois des erreurs alors sans conséquences.
Nous disposons donc, en finalité, d’un fichier de bonne qualité qu’il est facile d’exploiter.

En conclusion

Il y a peu de chose à dire en conclusion. Je crois que finalement, la photographie est un savant mélange d’exigence et de simplification. Cet équilibre est bien souvent très délicat à trouver. la gestion de la balance des blancs et de la température des couleurs en est un bel exemple. Il y a tant d’intermédiaires entre le fichier RAW et le tirage photo qu’il est bien souvent légitime de se poser des questions, cela sera tout le sujet de mon prochain article technique.

BONNE LECTURE

octobre 27th, 2008 at 22:07


2 Responses to “les blancs pèsent lourds”

  1. Nathalie Masson Says:

    Excellent article, et je pense que tu as fait le tour de la question et qu’on comprend très bien ce qu’est une balance des blancs.

    Je travaille le plus souvent en automatique moi aussi en lumière du jour “normale” et parfois en blanc prémesuré. Le plus important est de travailler toujours en “RAW” (ou “NEF” de Nikon). Cela pèse plus lourd sur nos cartes mémoires mais quel bonheur ensuite de pouvoir effectivement tout modifier, que ce soit par Camera Raw ou d’autres programmes qui convertissent du RAW au JPG. On peut vraiment faire des corrections incroyables y compris reprendre une surexposition ou une surexposition dans les 3/4 des cas et ça c’est la magie du numérique.

    Bien sur l’idéal est de faire la bonne balance des blancs au moment de la prise de vue, nous sommes des photographes avant tout. Mais ce n’est pas toujours faisable, notamment lorsqu’on fait du reportage (je repense à celui que j’ai en mer avec Pascal sur une course de Catamarans F18) on n’a pas toujours le temps ni la possibilité dans l’action, de faire une nouvelle balance des blancs ! Entre 2 creux et 2 vagues c’est même fortement déconseillé ;o))))

    Mais aujourd’hui avec le numérique on peut se permettre de devenir très créatifs ! et pourquoi ne pas oser une balance des blancs en effet tungstène sur quelque chose qui ne devrait pas l’être ? tout est possible en post traitement, on ne va pas s’en priver de temps en temps !!!!

    En tout cas merci pour cet article !
    Amicalement,
    Nathalie

  2. Michel Says:

    “pourquoi ne pas oser une balance des blancs en effet tungstène sur quelque chose qui ne devrait pas l’être ?”

    Je l’ai fait déjà car parfois , nous nous apercevons que l’image semble davantage contrastée et l’opposition des couleur chaude d’un couché de soleil et des couleurs froides des éléments du premiers plan alors obtenu sont du plus belle effets mais attention : pas tout le temps

    Il faut essayer, hihi !!

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