Association de promotion de la photographie d’auteur

VOTEZ ICC

C’est une constatation récurrente , nous sommes rarement satisfaits des tirages proposés par les enseignes photographiques, non pas que ces dernières fassent mal leur travail, loin de moi cette idée, mais les réactions du photographe un tant soit peu exigeant balancent bien souvent entre désappointement et déception face à un tirage dont la qualité finale laisse à désirer en étant entendu que la photographie prise est de prime abord parfaite. Sans le savoir, ce photographe met le doigt sur l’un des problèmes délicats de l’impression de tirage photographique, celui de la calibration du moniteur : faire en sorte que l’image posée sur le papier soit identique à celle captée par l’appareil est une gageure que nombre de photographes amateurs et même professionnels ne maitrisent pas souvent. Il faut dire que la “chose” est difficile à percevoir car dépendante d’un certain nombre de paramètres (deux retiennent mon attention plus particulièrement) que nous allons énumérer et développer en toute simplicité.

Les moniteurs LCD (ou écrans)

Je ne vous parlerai pas d’écrans cathodiques CRT mais uniquement dans cette article des écrans LCD qui maintenant constituent une technologie maitrisée et omniprésente dans tous bon magasin … Quant au prix , cela peut-être très variable en fonction de l’outil désiré.

Après avoir pris une photo, le premier réflexe du photographe est de l’importer sur son ordinateur afin de pouvoir la visualiser par l’intermédiaire de son moniteur. L’écran constitue donc un des premiers éléments variable que devra supporter l’image dans le long périple qui est le sien vers le tirage photo. c’est un élément important et qui en matière de photo et de visualisation, est déterminant : le choix du moniteur doit être réfléchi en fonction des futures utilisations en l’occurrence ici : la photographie. Il faut savoir qu’il existe quatre différentes conceptions de moniteur (ou dalles), chacune d’entre elle étant très correcte dans un domaine précis suivant que nous privilégions le jeu, la vidéo ou la photographie justement.

Les dalles TN (Twisted Nematic) sont des dalles peu intéressantes pour la photographie mais qui ont toutes leurs chances quand il s’agit d’une utilisation ludique. En effet, le rendu des couleurs est quelque peu aléatoire et les angles de visions sont très réduits provoquant bien souvent des zones fortement noires en bordures d’écran. Ces écrans génèrent de plus pas mal de bruit vidéo. Ils ont simplement l’avantage de n’être pas très couteux et d’être très rapides. C’est enfin , à ce jour , la technologie LCD la plus répandue.

Les dalles PVA (Patterned Vertical Alignment) et MVA (PVA selon Samsung) sont des dalles très intéressantes pour une utilisation ciblée multimédia bien qu’il ne s’agissent pas de la meilleure des technologie à ce niveau. Il présente l’intérêt d’avoir des contrastes fidèles et très appréciés notamment dans les noirs profonds, ils sont relativement respectueux des couleurs et rapides. Enfin, dans l’ensemble ces écrans sont très homogène en ce qui concerne les angles de visions. Leur seul gros défaut est qu’ils ne sont pas du tout fait pour la vidéo (présence de fourmillements). Ces écrans ont tendance de plus, en raison de leur technologie, à être plus grand : ce qui est l’un des éléments évident de sélection lorsque nous faisons de la photographie. En effet, les détails doivent être, pour une meilleure correction (si nécessaire), amplifiés tout en conservant une vision globale de l’image.

Les dalles IPS (In-Plane Switching) permettent des angles de visions très larges idéaux en photographie. les couleurs sont bien respectées en raison d’un affichage des couleurs en général bien plus étendu et plus saturé par rapport au standard sRVB : le “wide gamut.”, ce qui ne gâche rien. Mais hélas ils sont très chers car cette technologie est souvent associés aux écrans de grande taille. Ils sont également peu rapides (on parle de latence) mais dans le domaine qui nous occupe cela n’a , à priori, que peu d’importance.

Pour conclure, le photographe devra éviter dans tous les cas les dalles TN. En ce qui concerne les dalles PVA ou IPS, c’est le niveau d’investissement et d’exigence qui fera la différence mais pour un amateur averti qui ne souhaite pas s’équiper avec du matériel spécifique extrêmement onéreux : les dalles PVA constituent un bon compromis en 24 pouces : il faut mettre de coté tout de même 400 à 500 € pour être amplement satisfait. les marques (sans faire de publicité !!) Hewlett-Packard, Dell ou Eizo constituent un très bon compromis. Le haut de gamme étant avantageusement représenté par la marque Lacie notamment.

Les sondes de calibration

L’achat d’un écran de très bonne qualité ne peut être dissocié de l’acquisition d’une sonde de calibration lorsque le photographe souhaite à terme se faire plaisir par l’obtention de tirages de belles factures. En effet, il serait stupide d’acheter un moniteur haut de gamme et de ne pas l’étalonner : cela reviendrai à acheter un appareil photographique Nikon D700 ou Canon 5d markII et à ne les utiliser qu’en automatique : un beau gâchis. Pour une utilisation uniquement internet, il est évident que l’exigence est moindre car la toile présente une multitude de fenêtres de vision difficilement contrôlables et les variations de couleurs sont relativement bien supportées avec une simple calibration interne du logiciel de travail (type adobe gamma). Mais cela n’est pas vrai du tout lorsque il s’agit d’envoyer son fichier numérique à l’autre bout de la France pour une sortie haut de gamme qui mettra sans hésiter l’accent sur toutes les incohérences de calibration.

Il existe évidemment un grand nombre de sonde permettant d’arriver avec plus ou moins de bonheur et de facilité à ces fins : l’établissement d’un “profil écran” correspondant à la réalité de l’univers de travail ou nous nous trouvons et permettant d’optimiser la gestion des couleurs par rapport à un standard sRVB . Ces sondes, à ma connaissance, ont toutes comme destin de mesurer différentes valeurs prédéfinies dans le but d’établir par l’intermédiaire de la carte graphique de l’ordinateur une libre interprétation du système colorimétrique acquis : en quelque sorte une interprétation unique : celle de votre écran. Pour ce faire , ces sondes, en général, sont charger d’évaluer et de mesurer quatre points caractérisant votre univers de travail :

- la luminance du blanc et la luminance du noir (cd/m²)
- la couleur dominante du blanc (K)
- la distribution tonale (gamma)
- l’ambiance de travail

D’une façon générale, il n’y a rien de bien sorcier puisque il faut simplement faire en sorte que les préconisations d’usage établies par la charte ICC (international) et par le profil intégré sRVB (Rouge, Vert, Bleu) soient respectées, c’est à dire :

- une luminance des blancs d’environ 120 cd/m² pour un écran LCD
- une couleur dominante des blancs ou “point blanc” de l’écran d’environ 6500 °K
- une distribution Tonale paramétrée en fonction de valeurs gamma à 2,2 préconisées par l’écran LCD
- une ambiance de travail d’environ 64 lux et 5000 °K

Le photographe n’a plus qu’à parfaitement ajuster ces valeurs par l’intermédiaire de la sonde et des réglages proposés par tous les écrans : les réglages de luminosité, de contraste et des couleurs. Il génère alors un nouveau fichier après conversion de l’ancien fichier : le profil écran de gestion des couleurs qu’il devra alors intégrer à son logiciel de retouche d’image si la prise en compte n’est pas automatique. Annexé à votre photographie chargée sur l’ordinateur, ce profil contient toutes les données de couleurs générées par votre images par rapport aux valeurs calibrée.

Les espaces couleurs

Un paramètre, pour finir, est tout de même à prendre en compte. Je n’ai pas insisté dessus afin de ne pas surcharger cet article : c’est le choix de l’espace couleur c’est à dire de l’espace de codage de vos couleurs à l’interieur de l’outil informatique. J’ai parlé plus haut du standard sRVB : il s’agit de la référence pour la plupart des utilisateurs mais cet espace couleurs est loin d’être parfait notamment parcequ’en omettant sciemment l’utilisation de certaine gamme colorimetrique (le cyan, en particulier), il devient inadapté pour l’impression. Il faut alors lui préférer l’espace ADOBE RVB 1998 plus riche et donc plus facilement utilisable a des fins d’impression (par conversion CMJN). De plus, il permet davantage de latitude lors des retouches car il offre davantage de nuances de couleurs visibles sur votre image même si cela est imperceptible. Les appareils photographiques reflex recent offre ce choix de réglage dans leur menu.

Les moyens de contrôle : les mires

Les profils, c’est bien beau mais quand savons nous vraiment si notre calibration est bonne ? c’est également une question à laquelle nous avons bien du mal à répondre et c’est bien là finalement que le bas blesse !! Il n’y a vraiment, dans notre modeste cas, pas beaucoup de solutions et même une seule à peu près fiable bien que supportée par notre propre observation : la lecture d’une mire de calibration. Cet outil , utilisé surtout pour l’impression, peut être d’un grand secours également après calibration de votre moniteur car il permet de bien definir la qualité précise de votre dernière calibration et d’apprecier notamment l’excellence des contrastes et des couleurs par rapport au reférenciel sRVB. Ces mires de calibration se vendent, eh oui !! mais se trouve également au téléchargement notamment sur l’excellent site “Galerie-Photo” dédié au monde du grand format.
Par la suite, c’est donc affaire d’appréciation et d’expérience, comme bien souvent lorsque nous pratiquons la photographie !!

Conclusion

Il est possible de poursuivre cette logique d’étalonnage jusqu’à vouloir tirer soit même ces images mais, ce n’est pas le choix que j’ai fait pour plusieurs raisons. L’imprimante dédiée aux tirages doit être très performante et cette performance a un coût évident que je n’ai pas choisi de faire. Les tirages obtenus restent relativement onéreux et n’offrent que peu de possibilité de présentation originale par la suite à moins de devoir tout faire soit même : collage sur plaque d’aluminium ou sur tout autre support par exemple : un surcroit de travail qui empêche parfois de faire davantage de prises de vues. Je suis convaincu, de plus, de la compétence de certaines “boutiques” spécialisées dans le tirage art fine, le tout est de trouver “chaussure à son pied”. Enfin, mes photographies sont en couleurs et non pas en N/B, il y a une école du noir et blanc et je n’en fais pas parti : une école de patience ou l’artiste aime à jouer lui même sur les dégradés de gris devant son ordinateur. Le travail sur les couleurs ne dégage finalement pas autant de poésie et de savoir faire : c’est culturel et historique.

Un très bon lien : Profil-couleur.com

BONNE LECTURE

décembre 6th, 2008 at 21:04


3 Responses to “VOTEZ ICC”

  1. lol 06 Says:

    Bonsoir,
    Article très intéressant, j’ai appris les différences existantes entre les diffèrentes technologies d’écran LCD. J’ignorais cela.
    Je viens justement de recevoir des tirages 30X40 de chez Photoweb qui sont bien plus sombres qu’attendu ! (Malgré mon écran calibré et la conversion de mes images à leur profil d’impression…. je soupçonne la “surluminosité” de mon écran de portable malgré la calibration….)
    A+

  2. Cedric Says:

    Bonjour,

    Merci pour cet article vraiment intéressant.

    Lol 06 soupçonne la sur-luminosité de son écran de portable, ce qui est probable.
    Mais par expérience pour avoir commande un certain nombre de tirages chez de Photoweb, je me suis aperçu que les tirages apparaissent légerement sombres ( je n’ai pas de LCD, mais un 21 pouces Sony trinitron). Donc je me suis adapte en éclaircissent spécialement mes photos avant de les commandes chez eux, ce qui n’est pas toujours évident, question de dosage. Mieux vaut commander des petits tirages pour se faire une idée du rendu de l’impression avant d’acquérir de grand tirages.
    A+

  3. Michel Says:

    Je confirme la commande de petits tirages avant de faire de “grands achats”, effectivement mais seulement dans le cadre des paramètres de lumières et de contrastes. La réalisation de tirages est de toute façon toujours délicate à moins d’être sur place mais les services à la carte ne sont pas donnés à tout le monde.

    Merci à Cédric et à Lol 06 pour leurs commentaires

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