Association de promotion de la photographie d’auteur

LES RENDEZ-VOUS DU 15 !! … avec Stephane Hette

L’interview de Stephane Hette … Par Michel Lecocq

Tous les 15 de chaque mois, nous aurons rendez-vous avec Stephane Hette, son actualité sera mise en avant, son travail sera analysé. Il ne sera évidemment pas forcément avec nous car vous vous en doutez bien, cela deviendrait, pour lui comme pour nous un peu pénible, d’autant que lui comme nous avons fort à faire. Non, il s’agit simplement de tisser une toile permanente sur le net autour de ce photographe et autour de l’évènement à venir à savoir l’exposition “les ailes du desir … ou la vie révée des papillons” du 24 octobre au 30 novembre.

Visitez le site de Stéphane Hette

Pour l’heure et comme il s’agit de notre premier rendez-vous, je vous propose une interview de l’artiste. Stephane s’est déjà auparavant prété au jeu des interviews notamment lors du festival de Montier-en-Der 2007 ou sur l’excellent site “Naturapics” donc nous ne reviendrons pas sur sa présentation. L’interview qui va suivre se veut un complément. Vous allez découvrir en surface les facettes d’un travail d’artiste assez étonnant. Nous aurons l’occasion, je l’espère d’approfondir tout cela par la suite….

Mais maintenant, je laisse la parole à Stéphane :

Michel LECOCQ (ML) pour l’association “Mat ou Brillant ?” :Bonjour Stéphane.
Voilà !! tu as été choisi par l’association « Mat ou Brillant ? » (MoB) pour être l’auteur photographe MoB 2009. Pour nous, soyons honnête, c’est une chance au regard de ton parcours riche pour un « jeune » photographe. Une simple première question me vient d’emblé à l’esprit : Pourquoi as-tu répondu à cet appel à exposer ? Si loin de chez toi !! quel regard , finalement, as-tu sur ce type de démarche de promotion ?

Stephane Hette (SH) : Une chance pour moi ? En tous cas c’est ainsi que je le conçois. J’ai répondu pour pouvoir exposer tout simplement ! Ce n’est pas si facile d’exposer son travail, lorsque comme moi on n’est pas très connu, et puis contrairement à ce que la logique pourrait laisser croire c’est difficile d’exposer près de chez soi. J’ai envoyé plusieurs demandes notamment aux services culturelles des villes de Reims, Epernay et Châlons (villes très proches de chez moi) personne n’a pris la peine de me répondre. Et pourtant mes photographies vont être exposées en 2009 en Allemagne, en Suisse et un peu partout dans le monde au travers de mon partenariat avec Canson Infinity® et suite à mon portfolio dans Terre Sauvage j’ai la chance d’exposer au Japon en juillet et août prochain aux côtés de Laurent Baheux. Bref on ne sait jamais ce qui va se produire, exposer loin de chez moi me paraît indispensable pour faire connaître mon travail mais ça n’était pas particulièrement un choix juste des chances à saisir. Dans cette optique être l’auteur photographe MoB me semble une opportunité plus qu’intéressante …

ML : Comme je l’ai déjà évoqué, tu fais déjà parti, à mon sens, des grands photographes. Plusieurs fois récompensé et bientôt édité si cela n’est pas déjà fait sur un certain nombre de supports, tu t’apprêtes à sortir un livre hors norme sur les papillons. belle actualité, non ?

SH : Je suis tout rouge (rires). Je ne sais pas si je fais ou non parti des grands photographes ce dont je suis sûr en revanche c’est que j’ai le sentiment que « c’est mon truc » ma voie en quelque sorte et sans vouloir paraître pédant ou prétentieux mon destin. Je suis tellement heureux de faire ce que je fais que je pense que le bonheur transparaît pour ne pas dire transpire de mon travail photographique… une véritable jubilation, partagée avec Cathy, mon épouse, qui m’aide souvent pour la réalisation des photographies les plus complexes.

ML : Cette première édition de promotion d’un auteur photographe voit donc l’arrivée d’une exposition de très grande qualité à Carnoules (Var) : « Les ailes du désir … ou la vie rêvée des papillons ». C’était notre vœu le plus cher pour 2009, nous en sommes ravis : nous avons notre auteur photographe. Et, toi, Stéphane, quelle définition donnerais-tu à ce terme d’auteur photographe ? Te sent-tu l’âme d’un photographe auteur ?

SH : Un plaisir partagé, j’ai hâte que nous en soyons à l’accrochage à Carnoules et de voir les réactions du public. Quant à cette question : te sens tu l’âme d’un auteur photographe ? Je pense que ce n’est pas à moi de répondre j’espère que mes photographies sauront le faire à ma place.

ML : En voyant les galeries photo sur ton site, je suis effectivement convaincu qu’il s’agit d’un long travail d’auteur. Il est rare de voir une série aussi bien ficelée même chez les plus grands. Outre le talent, Ou as tu trouvé, finalement, la motivation nécessaire quand nous savons que nombreux photographes abandonnent projet et ambition en cours de route ? Quel est finalement ton secret ?!!

SH : Mon secret, je bois du lait, je fais beaucoup de sport et … non je plaisante évidemment. Je suis têtu, endurant (merci le vélo) et exigeant et je me dis que je n’ai rien à perdre en essayant, le pire qui puisse m’arriver étant de réussir. Sa force chacun la trouve le plus souvent dans les autres. Pour ce projet, comme pour d’autres j’ai eu la chance d’être aidé et soutenu tout d’abord par mon épouse mais également par Pascal Bourguignon avec qui je suis devenu ami au fil du temps, et aussi Vincent Munier qui n’a jamais été avare en coups de pouce, par Jean-Pierre Vesco (qui est du Sud lui) éleveur, botaniste et entomologiste réputé et spécialiste des lépidoptères, par toutes les rencontres heureuses qui ont ponctuées mon court parcours. Bref je suis chanceux. Je rencontre souvent les bonnes personnes au bon moment et surtout les personnes que je souhaitais rencontrer… Mais pour ce projet je ne dois pas oublier ceux qui m’ont fait confiance dés le début comme Jean-Pierre Penel directeur de Lumiere Imaging® (Ilford® France), les Villes de Saint-Dizier et Vitry-le-François, bien sûr le fameux festival de Montier-en-Der, sans oublier Déclic Editions…
Quant à mon secret qui au final n’en est pas un, c’est l’opiniâtreté !

ML : Lors de l’interview proposée par « Naturapics », tu as révélé que c’est une simple feuille de papier blanc mise en fond qui a été le « déclencheur » de la série « les ailes du désir … ». A te lire, nous pourrions presque croire que cela a été facile. Je sais pour être moi même un photographe assidu, qu’il n’en est rien. Justement, parlons-en, quelles ont été les difficultés que tu as rencontrées et qui auraient pu émoussé cet élan de créativité ?

SH : Les principales difficultés sont évidemment techniques, je travaille souvent entre f14 et f16, f18 et dans certains cas f32. Au départ je n’avais pas de flash et avec de telles valeurs d’ouverture les temps de pose étaient énormes, j’ai donc dû investir dans un système flash performant et j’utile maintenant jusque 8 flashes… La technique, contrairement à ce que pourraient laisser penser mes photos, la technique disais-je n’est pas une priorité, elle est dans mon cas uniquement au service de mon imagination. A le différence de beaucoup de mes amis photographes naturalistes, je construis ma scène, je suis donc obligé de la réfléchir avant et de caler mes lumières un peu comme un scène de cinéma. Et puis j’ai la chance d’être le premier surpris par ce que je vois dans le viseur, une forme de jubilation proche du bonheur.

ML : Par rapport à un tel travail, quel conseil pourrais-tu donner à un jeune photographe souhaitant entrer dans le métier ?

SH : Pffffffffffffff ça n’est pas facile de donner des conseils, je ne peux que parler de ma propre expérience. Alors je lui dirai : de foncer, de courir plus vite que ses propres peurs pour ne pas qu’elles le rattrapent, le ficèlent, le vissent à son fauteuil et l’empêchent d’avancer. Mais également de réfléchir sur ce qu’il veut dire, comment il veut le dire et pourquoi. Ensuite de voir si son travail est éventuellement déclinable commercialement, si il peut amortir un tel projet qu’il ne faut pas occulter l’aspect financier… De croire en ses rêves même si cela fait un peu « Miss France » car si au départ il ne croit pas en lui-même et en son projet, comment réussira-t-il à persuader d’autres personnes de l’aider et de participer à l’aventure avec lui ?

ML : 2007 fût une année intéressante pour toi. En effet, un certain nombre de tes photographies ont été exposées et récompensée (les « colocataires ») au festival nature de Montier-en-Der. Cette reconnaissance a-t-elle été un tremplin pour toi tant au niveau de ton travail immédiat qu’au niveau de tes démarches futures ? D’après toi, ce type de manifestations, je pense aussi au festival de Namur, est-il un passage obligé vers la reconnaissance ?

SH : 2008 était pas mal non plus (rires) !
Pour Namur, je ne sais pas car je n’ai jamais eu l’opportunité de m’y rendre mais pour Montier-en-Der OUI cent fois OUI ! C’est une véritable chance de pouvoir ponctuellement bénéficier d’une telle visibilité. Mais attention, rien n’est fait, beaucoup de photographes, amateurs ou en phase de professionnalisation, se plaignent qu’après « Montier » ou d’autres festivals il ne se passe rien. Ils oublient que tout reste à faire, qu’il faut rebondir, bouger encore et toujours pour faire connaître son travail, que jamais personne ne va venir vous chercher à la maison. Il faut être opiniâtre et s’accrocher, ne pas baisser les bras devant les refus, contacter les journaux, les magazines, la presse spécialisée et leur montrer son travail à chaque fois que c’est possible, bref savoir se vendre sans pour autant se trahir. Pour cela je me suis fixé des objectifs personnels ambitieux et précis ainsi qu’une ligne de conduite cela aide à garder la tête sur les épaules et à continuer à avancer…

ML : Cela fait seulement 4 ans que tu fais de la photographie en plus de tes occupations professionnelles de graphiste et d’illustrateur et tu présentes déjà un projet de livre très concret pour la fin d’année 2009. Beaucoup crient au génie, d’autres se retranchent derrière, sans doute, une certaine jalousie ?!! Quel regard as tu personnellement sur ton parcours photographique par rapport à l’évolution permanente du monde de l’image ?

SH : Certes cela ne fait que 4 ans que je fais de la photographies mais le monde de l’image a bercé ma vie, j’ai signé mon premier contrat d’édition à 19 ans… Pour moi la photographie est un outil. Je la compare souvent à la musique, il y a une base technique indispensable à acquérir et pour le reste chacun est libre de sa partition. Mes photographies sont une petite musique qui trotte dans ma tête. Je les vois bien avant de les prendre, c’est sans doute dû à plusieurs décennies de dessin. Je crois malheureusement beaucoup plus au travail qu’au génie même si pour mon ego cela eut été tellement rassurant d’être génial ! Je ne me situe pas par rapport au monde de l’image, je fais mes petits trucs dans mon coin au départ c’est un plaisir assez égoïste, je n’ai pas de position particulière vis à vis des changements à venir même si je pense que les photographes seraient gagnants à mutualiser leur travail dans certains cas ; des dessinateurs américains l’ont fait il y a une vingtaine d’années en créant Dark Horse, un succès jamais démenti depuis. Mais bon il y a ces problèmes d’ego et d’argent qui demeurent encore pour beaucoup difficilement conciliables. Je pense que seule une véritable confiance et un respect mutuel autoriseraient de telles associations.

ML : Lors de la sélection, pour être franc et bien que ton dossier est été retenu, ce dernier n’a pas fait l’unanimité, curieusement au départ. J’ai trouvé quelques réserves liées au fait que ton travail, si particulier et original soit-il, semble sortir d’un contexte photographique classique. Tu l’a précisé, c’est un choix assumé de ta part et que personnellement j’admire mais justement, peux-tu nous en dire plus sur ta technique de prise de vue ?

SH : Je comprends très bien cette réticence mais si beaucoup, dès le premier regard, pensent qu’il s’agit d’aquarelle, en fait il n’y a pas plus photographique que ce travail. J’ai simplement déplacé les choses, fait glisser un mode de production vers un autre. Je fais de la photo de mode avec pour sujet la nature, un genre d’Ikebana en mouvement. J’ai donc tout bonnement décidé de faire du studio nature, cela n’a rien d’exceptionnel, c’est juste une idée poussée à son paroxysme et déclinée et revisitée à l’infini en essayant à chaque fois de me renouveler. Je ne dis pas que c’est facile je dis juste que l’idée était simple et basique. Cette façon de faire de la photographie traite néanmoins de beaucoup de questions sur ce qu’est la photographie. Choix du cadrage, du support, de son rapport avec la réalité, de la vérité de la scène, bref de questions propres à l’essence même de la photographie. Enfin c’est ce que je crois.

ML : L’unanimité a été tout de même la notre lorsque nous avons effectivement appréhendé la qualité du travail et le talent qui se cachait derrière … Revenons à la tradition, en ce début de nouvelle année, il est de règle de faire un vœux. Quel serait le tien bien sur en restant dans le domaine de la photographie ? As-tu déjà des projets pour les années à venir à faire partager ou bien cela reste encore secret ?

SH : Je pense que l’on ne peut pas juger mon travail sur une seule image et que le volume et la variété constitue « l’œuvre », un terme, je le reconnais volontiers un peu galvaudé et qui me gène mais je n’en vois pas d’autre à cet instant précis. Et ce d’autant plus que je reste persuadé qu’il est possible de réussir ponctuellement de bonnes photographies… en produisant beaucoup d’images, la personne que je cherche à convaincre qu’elle a un tant soit peu de talent, n’est autre que moi-même. Oui j’ai des projets dans un premier temps je souhaiterai que ce livre sur les papillons ne soit que le tome 1 d’une longue série à moi de persuader mon éditeur dans 3 ou 4 ans avec des photos suffisamment intéressantes et différentes pour qu’il soit convaincu qu’il ne s’agit pas là d’une recette «réchauffée» mais la suite logique d’un travail amorcé 4 ans auparavant. J’ai un autre projet que je commence à mettre en place toujours autour de la nature et plus précisément autour de la mare cette fois mais pour en savoir plus rendez-vous dans 3 ans.
Mes vœux sont une fois de plus assez simples : que ça marche et éventuellement amortir mon matériel et notamment mon dernier boîtier ! (rires)

ML : Je vais te laisser tranquille, maintenant, mais avant de terminer : une dernière question. L’exposition « les ailes du désir … » commencera le 24 octobre 2009 par , évidemment, l’indispensable vernissage. T’accueillir sera , sans nulle doute, un plaisir pour l’ensemble de l’équipe mais seras-tu avec nous pour cet événement bien sûr carnoulais mais très certainement départemental ?
Merci beaucoup de ta patience … et a très bientôt

SH : Merci à toi et à tous les membres de l’association MoB de vous être si sympathiquement penchés sur mes photographies !
Et enfin oui je ferai en sorte d’être là, avec vous et j’espère un public nombreux à Carnoules le 24 octobre prochain. A bientôt donc et excellent année 2009 !

Comme vous avez donc pu le lire, Stephane est vraiment disponible tout en étant très professionnel. J’ai eu, pour ma part, du plaisir à lire certaines de ces réponses notamment à des questions qui semblent parfois simples voires naives mais qui, je pense, constituent bien souvent une attente d’un public photographe amateur parfois très curieux. Dans ce sens , les conseils d’une “personnalité” ne sont jamais à laisser de coté car ils permettent parfois de se rendre compte réellement d’un parcours photographique. A un niveau supérieur, les reflexions de Stephane sur, je cite : “l’essence même de la photographie” sont vraiment pertinentes et intéressantes à prendre en compte dans ce milieu de la photographie en mutation. Nous serons , sans doute, amener à discuter de cela lors de sa visite à carnoules en octobre.

N’oubliez pas la souscription pour le livre “les ailes du désir … ou la vie révée des papillons” et n’oubliez pas de parler de cet évènement autour de vous, merci !!
Je vous dis donc tous à très bientôt : le 15 février !!

Michel LECOCQ

janvier 15th, 2009 at 11:19


3 Responses to “LES RENDEZ-VOUS DU 15 !! … avec Stephane Hette”

  1. Noël Brion Says:

    En mat ou brillant, ce travail brille de mille feu. IL reflète parfaitement ce qu’est cet artiste hors pair, très doué et qui a su allier, douceur , sensibilité et graphisme dans ses images. L’amour qu’il a pour ces petites bêtes, tellement belles s’en ressent et ce n’est que du bonheur pour nous, spectateurs que nous sommes d’avoir le bonheur de pouvoir suivre ou découvrir son travail.
    Seul ses papillons sont éphémères, pas son talent….!
    Merci Stéphane pour toutes ces beautés…!
    Nono…:)

  2. Michel Says:

    … Et merci Noël pour ce beau témoignage.

    Je suis allé voir ton site, il y a également de tres belles choses.

    A+ - Michel

  3. Noël Brion Says:

    Merci Michel.

    Très touché…..!

    Bien cordialement.

    Noël.

Leave a Reply