Association de promotion de la photographie d’auteur

Cadrage, composition et profondeur de champ …

… Les trois “fantastiques” de la photographie

3° PARTIE : le portrait en studio

C’est curieux et j’ai presque honte de le dire mais “Mat ou Brillant ?” m’a appris à aimer le portrait !! Pourtant, la partie n’était pas gagnée d’avance. En effet, dans l’activité photographique comme d’ailleurs dans d’autres activités, je suis un solitaire tenace capable d’oublier les heures pour me consacrer à mes sujets de prédilection: le paysage de bord de mer, bien sur mais aussi la proxyphotographie et la macrophotographie (comme en témoigne mon site). ce que j’aime, finalement dans le portrait tient à peu de chose : la sensation que le sujet peut “fuir” en l’espace d’un instant alors que nous avions la main mise dessus, une sensation d’impuissance qui la seconde d’après peut se transformer en un plaisir jubilatoire.

1 - Le portrait ou le rapport de force.

Le terme est un peu exagéré mais semble quand même bien convenir à la problématique qui nous occupe, à savoir la douce nécessité d’inciter une personne parfois rebelle à produire une expression qui soit à la convenance de l’auteur et de son travail. Le dessein est délicat car il nécessite d’avoir pas mal de qualités qui pour ma part faisaient défaut et font sans-doute encore défaut : une prise de contact naturelle et polie sans exagération contre balancée par un pouvoir de persuasion suffisamment fort pour convaincre en toute correction les tempéraments les plus “rétifs”. Nous ne sommes donc pas encore dans la technique pure mais dans une dimension tout autre, primaire et essentiel dans l’aboutissement du projet. Ce qu’il faut retenir de tout cela, alors que notre matériel est parfaitement opérationnel, c’est l’absolu nécessite de mettre le “sujet” à l’aise, il sera d’autant plus à l’écoute et compréhensif. il faut savoir que le “travail” de portraitiste se veut avant tout créatif et que l’univers du photographe de studio ne rassure pas toujours.

Si ce matériel n’est pas rassurant, il doit l’être pour le photographe. Le rapport de force est aussi à ce niveau. Le comportement du sujet lors de l’observation peut, de crainte respectueuse très vite se transformer en complaisance discrètement moqueuse lorsque, à l’autre bout de la scène, le photographe montre des hésitations. Le rapport de force alors s’inverse et sans parler d’échec, les images obtenu deviennent alors très vite assez banales : dites vous bien que le sujet n’est pas venu chercher cela. Il est venu dans l’espoir et même l’attente que l’image produite par l’artiste le mettra en valeur. Je crois vraiment qu’il est alors nécessaire de prendre son temps et de rassurer le sujet le plus possible soit en discutant avec lui d’une façon naturel soit en profitant de l’occasion pour lui montrer une partie du matériel jusqu’à même le faire intervenir et l’impliquer modestement dans l’acte. C’est a ce prix sans doute que la complicité opèrera et avec elle, un résultat photographique valorisant et valorisé pour le photographe ainsi que pour le modèle.

2 - Le portrait ou la maitrise de la lumière

C’est beaucoup par tâtonnement que nous avons réussi au sein de l’association “Mat ou Brillant ?” à trouver un type de lumière adapté à ce que nous voulions. Quand je parle de type de lumière, je parle évidemment de résultat et non pas de matériel. Mais, j’avoue que nous sommes restés sur des réglages assez simples pour plusieurs raisons, la première était que la situation exigeait dans la plupart des cas de ne pas trop s’embêter, la deuxième était simplement technique, nous ne souhaitions pas forcément prendre des risques : risques qui auraient pu être mal compris ou … mal réalisé. Mais si nous désirons vraiment poursuivre dans cette voie, il est souvent nécessaire (j’ai déjà fait une allusion à ce sujet dans le paragraphe précédent) de bien connaitre les effets obtenus pour les différents types de configuration abordés:

- l’utilisation des flashs en lumière directe ou indirecte;
- l’utilisation des boite à lumière;
- l’utilisation des reflecteurs;
- l’utilisation des diffuseurs.

L’objet de cet article n’est donc pas de s’attarder sur les différentes utilisations du matériel existant mais bien d’apporter à travers un vécu associatif un peu plus de conviction dans une démarche d’auteur sommes-toute assez particulière. Vous pouvez d’ailleurs retrouver un article très bien fait à ce sujet sur le site Photophiles.

Quand au matériel, l’association “Mat ou Brillant ?” a fait le choix d’investir dans un matériel de bonne qualité d’emblée en sachant pertinemment que ce choix sera par la suite judicieux dans le cas ou l’un d’entre nous souhaite davantage travailler l’aspect technique du portrait. Tout de même limité par l’aspect financier, nous avons choisi de nous procurer deux flash de studio AURORA Genesis G-600 qui bien que n’étant pas de très haut de gamme, sont parfaitement adaptés à ce que nous souhaitons faire, aussi bien des portraits en cadrage serré que des “portraits” de groupe grâce à une puissance de flash variable de 150 W/s à 600 W/s en lumière du jour. L’association dispose de plus d’un certain nombre d’outils spécifiques capables de répondre à toutes les situations et toutes les envies de création bien qu’il soit dans l’avenir sans doute nécessaire d’investir encore dans ce domaine notamment dans différents fonds.

3 - Le portrait ou la maitrise du cadrage

J’admet ne pas être un expert dans le domaine couvert par cet article mais je crois fermement qu’avant d’évoquer les différents plans entre guillemet “d’attaque” du modèle, tout est affaire de sensibilité et de complicité. Si le sujet est livré à lui même, il sera d’autant plus perturbé par l’approche du photographe alors maladroite. Si nous donnons au sujet suffisamment d’explication quand au cadrage voulu par rapport au but recherché, il sera d’autant plus apte à jouer le jeu et à être réceptif à notre approche. C’est pourquoi, il est parfois bien difficile de faire du gros plan : plan inquisiteur par excellence car faisant appel souvent à l’intériorité de l’individu. Il est plus facile à l’inverse de réaliser des plans moyens qui font davantage appel a un jeu d’acteur évocateur qui peut être facilité par l’environnement.

Abordons maintenant les différents plans de travail de l’auteur photographe lorsque, face à son modèle, il doit réaliser une série cohérente sur un sujet défini ou une ambiance précise. ayant une origine cinématographique, ces plans de prise de vue studio sont de différentes natures en fonction du rendu précis que nous voulons obtenir. Nous nous arrêterons que sur les plans que nous sommes capables de réaliser avec notre matériel. Il faut savoir que le choix des plans mettra le photographe dans l’obligation de créer une composition de l’image bien différente comme vous pourrez alors vous en apercevoir par la suite :

- le plan de demi-ensemble définie la photographie de groupe par excellence;
- le plan moyen ou plan pied ne concerne qu’une personne prise en totalité;
- le plan italien montre le modèle jusqu’au genoux;
- le plan américain se rapproche davantage , le sujet étant isolé jusqu’à mi cuisse;
- le plan rapproché taille engendre déjà une certaine intimité en isolant le personnage du fond;
- le plan rapproché poitrine ou buste accentue cette impression d’intimité;
- le gros plan isole définitivement le modèle jusqu’à l’introspection.

4 - le portrait ou l’art de la composition, la simplicité des réglages

Le portrait studio a le droit de s’affranchir de très nombreux éléments de composition. Cela est d’autant plus vrai lorsque nous avons fait le choix consenti d’aborder le portrait dans ce qu’il a de plus restrictif : “le gros plan”. Dans ce sens, la photographie en studio n’a absolument rien à voir avec les autres univers photographiques qui necessitent bien souvent de composer avec le décor environnant de prime abord. Une autre dimension est à prendre en considération, c’est le choix absolu, lorsque nous disposons du matériel, de créer la lumière qui est à notre convenance : nous abordons un domaine de la création photographique que nous ne soupçonnions pas : celui de la lumière comme élément principal de composition. A mon avis, c’est l’élément déterminant car de la lumière viendra l’ambiance et la trransmission du message : l’idée artitisque que construit le photographe. Par la suite, il sera alors temps de s’occuper du maquillage des modèles et du décor à utiliser pour tel type de sujet. Je pense notamment à l’aspect théatral dans certaines photos de groupe (plan de demi-ensemble). Inclure alors des éléments essentiels et batir un scénario possible voire probable par rapport au groupe photographié fait aussi partis des compositions qui auront grâce au yeux des modèles : reste que cela nécessite certaines dispositions qu’il est parfois difficile d’obtenir. Comme j’en ai déjà fait l’allusion, plus nous nous rapprochons du sujet et moins le décor environnant est visible, c’est pour cela que nous parlons de photographie intimiste. Seul la couleur du fond peut constituer alors un choix particulier de création par rapport à l’esprit que nous souhaitons transmettre. Bien souvent, nous nous contentons de fond blanc, gris ou noir focalisant notre regard sur le sujet qui devient alors notre préoccupation principale lorsque la lumière maitrisée laisse place à l’imagination.

Quand aux réglages, sachez simplement qu’il ne sont pas vraiment très compliqués à obtenir mais dépendent directemnt , évidemment, des sources lumineuses dont nous disposons. Les flashs que nous utilisons, dans l’association,sont pleinement suffisant car ils permettent d’utiliser nos appareils aux vitesses préconisées pour l’utilisation des dits flashs (1/250° de seconde pour le nikon D200) tout en disposant d’une profondeur de champs confortable grâce à des ouvertures de l’ordre de f/16 à f/20 en fonction des situations, du choix du créateurs et des fonds utilisés. La vitesse correcte associée à une profondeur de champs importante donnent alors des résultat très satisfaisant aussi bien pour éviter tout flou de bougé que pour obtenir des fonds noirs d’une densité importante et des fonds blancs d’une qualité irreprochable. pour résumer, voici les réglages que j’utilise avec un fond noir:

- Vitesse : 1/250° de seconde;
- Ouverture : en général, f/18;
- ISO 100.
- Balance des blancs : automatique ou 5500°K

5 - le portrait , la conclusion

Il est difficile de faire un article sans s’appuyer sur des exemples. Je n’ai pas les autorisations nécessaires à la diffusion des différents portraits réalisés par l’association “Mat ou Brillant ?” au cours de l’année. C’est évidemment un choix voulu afin de préserver la tranquilité des personnes extérieures à l’association dans le cadre de nos prestations de services, c’est un choix consenti afin de rassurer les parents des jeunes enfants que nous avons eu aussi la chance de photographier. Ceci dit, il n’y a pas ou peu de démarche de création vraiment très étudiée dans ce type de photographies car ces dernières ne s’appuient pas sur un projet précis mais davantage sur une notion merchantile. Pour ma part, je suis favorable à la progression artistique dans ce domaine très complémentaire des autres domaines par le fait qu’il se déroule en intérieur et qu’il propose un rapport avec le sujet bien différent, : un rapport finalement “tres Humain”.

A TRES BIENTÔT

Michel Lecocq

mai 9th, 2009 at 19:54


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