Association de promotion de la photographie d’auteur

Montier en der 2009 … aperçu d’un festival hors norme

… Festival international de la photographie animalière et de nature de Montier en Der.

Pfou, il n’y a pas à dire mais … Montier , c’est quand même bien. Et plus encore car au dela de l’aspect purement technique de chacun des artistes qui ont l’insigne honneur , cette année de participer aux expositions, c’est la multiplicité des regards qui nous assaillent sans répit pendant les 4 jours que dure le festival. Oui, c’est fou ce qu’il est possible de faire dans le monde de la photographie de nature, une telle diversité finalement résume bien la nature qui est tout aussi surprenante par sa diversité, ses couleurs et ses formes. Le festival international de l’image animalière et de nature de Montier en der est un peu donc à l’image de la nature : dense et imprévisible, surprenant et ambigue.

Le festival de Montier a eu lieu il y a déjà quelques semaines : entre le 19 et le 22 novembre 2009, pour être plus précis mais j’avoue que j’ai eu le nécessaire besoin d’attendre afin de vous parler de ce festival qui s’il n’est pas le premier d’Europe dans son genre, n’est pas loin de côtoyer les sommets. Pourquoi attendre, me diriez vous? au risque de voir mes vifs souvenirs se mélanger et se dissiper ? pour trois raisons finalement. La première des raisons est une réflexion très personnelle puisqu’il s’agit d’une réflexion de fond sur mon travail photographique et sur les orientations à donner à celui-ci pour flirter avec les “grands” : hum !! vaste affaire qui à ma grande surprise n’a pas eu l’issue attendue, bref. La deuxième des raisons est liée au fait que je devais me donner du temps afin de décanter tout cela et d’y revenir avec plus d’à propos. Enfin la dernières des raisons est liée au calendrier, effectivement : je ne souhaitais pas non plus trop attendre car , ayant déposé un dossier de candidature afin , moi aussi d’exposer dans cette illustre lieu de pèlerinage environnemental et photographique, il fallait terminer cette article avant fin janvier date à laquelle sont délivrés les pass … ou pas. Alors voila, j’y suis à écrire cette article en pensant peut-être que j’y reviendrai.

Mais alors, Qu’est ce que “Montier en Der” ? C’est tout d’abord un village situé à 23 km au sud de St-Dizier d’environ 2500 habitants. C’est aussi une région de lacs, notamment le lac du Der-Chantecoq qui par sa superficie est le deuxième plus grand lac artificiel d’Europe. Inauguré en 1974 afin de désengorger la Seine et ainsi d’éviter des crues catastrophique, il fit beaucoup de malheureux lors de sa mise en eau mais 35 ans plus tard, il est reconnu comme l’un des plus grand site ornithologique pour la migration des oiseaux. Il était tout naturel (si j’ose dire) alors de créer un évènement d’importance autour de ce lac, autour des petits villages et des hameaux mitoyens à Montier et autour de l’activité ornithologique et plus largement animalière. L’action de nombreux acteurs locaux aussi bien photographique (Pascal Bourguignon) que politique a alors été prépondérante afin de faire que ce projet soit une réalité. L’A.F.P.A.N. (Association du Festival de Photographies animalière et de Nature) organise ainsi ce festival depuis 13 ans maintenant, la 14° édition se déroulera les 18, 19, 20 et 21 novembre prochain.

En ce qui me concerne, je connaissais ce festival depuis pas mal d’année par l’intermédiaire, évidemment, des revues spécialisées notamment “chasseurs d’images”, partenaires de l’évènement depuis de longues années mais j’ai toujours cru qu’il s’agissait d’un festival de la “haute société photographique” qui n’avait que faire de mon pauvre et insignifiant talent dans la mesure ou j’en ai un … et puis j’ai appris à connaitre l’environnement photographique , cette fois ci !! Et j’ai découvert que ce festival, bien loin de fermer les portes aux amateurs de toutes acabits, est un véritable festival d’ouverture ou le professionnel bardé d’illustres distinctions, comme un vieux général de retour de campagne, s’assoie à la même table que le “néophyte” (à ce niveau là, il s’agit du photographe passionné !!) modeste certes mais déjà riche de cette première expérience : avoir exposé à coté de … Soyons franc, si le succès est au rendez-vous depuis tant d’année, c’est un peu à cause de cela, ou devrais-je dire, grâce à cela. Il est alors plus aisé de faire les démarches de reconnaissances et d’avoir une certaine aisance dans ce milieu surtout si par chance , nous avons aussi l’opportunité d’être cité dans les annales du concours photographiques (comme Claude Ruff) qui reste une des grandes attractions de ce festival aussi bien avant le long Week-End d’automne que pendant. Non, le festival de Montier est une vrai opportunité. Il ne fera pas du photographe une célébrité mais lui permettra de se jauger, de se mesurer aux autres, de modifier son point de vue, d’apprendre et surtout de se faire connaitre des professionnels de l’image : les revue, les agences et les contacts photographiques.

J‘ai donc aimé cette ambiance mais elle a fini par être pesante et difficile à supporter car la fréquentation est énorme, bruyante et douloureuse pour un solitaire invétéré. J’ai été heureusement surpris par l’organisation efficace et à mon niveau, sans bavure et l’accueil de Cedric Chassagne. J’ai été étonné par les images “monochromes” de Cedric Jacquet toute en poésie et en dépouillement, de stephen Dalton réellement surprenantes et de Ghislain Simard, techniquement parfaites. J’ai été bluffé par les “africaines” de Laurent Baheux bien que j’ai trouvé certaines images bien trop saturées pour mon regard. “Bouts de planète” m’a fait voyagé si loin qu’il m’a été difficile de revenir sur terre. Les images magnifiquement sobres d’Antoine Berger ont réveillé dans mes jambes des fourmillements bien connus de montagnard. Claude Ruff avec sa superbe exposition “les couleurs du bleu” m’a fait plongé dans une nostalgie douloureuse surtout face au délirant panoramique du “Rubis” (sous marin français immergé volontairement en 1957 par 41 metres de fond au large du Cap Camarat). Stephane Hette était aussi bien sur présent et j’ai retrouvé ces papillons toujours avec un réel plaisir. Emmanuel Boitier, son voisin de palier,m’a fortement intéressé par sa démarche naturaliste simple et sobre. Quand à Xavier Coulmier, ses “changements de points de vue” m’ont transformé et son approche picturale m’a beaucoup interpellé car si elle est un exemple de l’évolution de la photographie peut-être nécessaire, elle est assurément emprunte d’une démarche de mise en valeur de l’Oeuvre.

Alors, n’est je pas été déçu, même pas un peu par cette incroyable déploiement d’univers ? Et bien, si. J’ai été déçu. J’ai été déçu par certains grand format … Trop “incertains” justement, hélas (Patrick Desgraupes, par exemple). Il est vrai que cette tendance est la marque des grands festivals mais elle a du mal a prendre toute sa dimension lorsque le confinement est présent à cause du monde circulant autour des oeuvres ou bien à cause du manque de recul. Ce fut le cas pour certaines expositions. Les images du collectif “bout de planète” ont, dans ce sens, eu le mérite de redonner au paysage une dimension plus intimiste et je n’ai eu aucun mal, personnellement, à me perdre dans les espaces proposés. Alors, mis à part cette réserve toute personnelle, j’avoue n’avoir pas regretté mes 11 heures de train et je vous invite à faire également ce déplacement

A TRES BIENTÔT POUR DE NOUVELLES AVENTURES
Michel Lecocq

janvier 5th, 2010 at 0:58


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