La “critique” photo : un travail personnel
Depuis que je m’occupe de MoB, bien des fois, j’ai été sollicité, ainsi que le groupe, pour répondre à de multiples questions très différentes les unes des autres. L’un des domaines qui souvent est revenu animer parfois une actualité bien chargé m’a toujours quelque peu rebuté : il s’agit de la fameuse critique d’images, plutôt devrais-je dire l’analyse photo. J’avoue avoir toujours émis quelques réserves quant à l’utilité évidente de ce type d’exercice qui fait référence finalement à des notions très personnelles bien difficile à déchiffrer parfois. Au delà des éléments techniques, il s’agit d’éléments culturels, environnementaux voir intimes. Que faire alors ??
Je crois que l’analyse d’un travail doit tout d’abord être très personnelle. Le photographe doit toujours se remettre en question dés l’instant ou il entreprend un travail qui lui semble intéressant. Il doit toujours se poser un certains nombres de questions liés d’abord à la conception de sa série photographique ou de son image. Seul le créateur détient les clés de son projet et l’analyste sollicité ne peux alors que s’incliner ou appuyer la ou cela peut faire mal s’il y a par exemple faute de gout ou faute artistique trop évidentes. Il reste que le photographe, artiste dans l’âme, est libre de prendre en compte et d’interpréter ces mises en garde. Combien d’expositions sont nées dans la douleur après de très nombreuses tergiversations. de plus, l’aide extérieure ne peut qu’être très orientée puisqu’elle fait appel , cette fois ci, aux gouts personnels de l’expert mis à l’épreuve. Combien de fois ai-je entendu cette fameuse phrase qui témoigne d’une certaine impuissance : Personnellement, si j’étais à ta place … !!
La lente construction d’une image, d’une petite exposition ou d’une longue série se réalise par régulier retour sur le travail déjà accompli et par répétitions des prises de vues sur le même sujet en utilisant tous les outils nécessaires afin d’arriver à son but : L’image que nous aimons. Elle ne sera sans doute pas parfaite car l’image parfaite n’existe pas mais elle correspondra à nos exigences de qualité bien sur et surtout à nos exigences morales, cette photographie ou cette série correspondra à nos attentes en matière d’émotion visuel, de message perçu s’il y a lieu, d’originalité, bien sur et d’homogénéité lorsqu’il s’agit d’une exposition. Que vient faire là aussi le photographe extérieur intervenant en dehors de tout contexte ? Il ne peut alors faire que “l’état des lieux” et s’appesantir sur la réalisation d’une façon bien vague car, par expérience, il ne pourra plus intervenir forcément sur le travail accompli sans s’attirer les foudres du “critiqué” parfois, il faut quand même le noter, trop sur de lui. Il se passe alors se qui se passe dans la plupart des forums ou la politesse courtoise semble être monnaie courante lorsqu’il ne s’agit pas de “langue de bois”: ces comportements ne sont pas fait pour rendre service, c’est certain mais …
… Ils sont émis pour la plupart par des individus qui victimes eux mêmes du système, ne veulent pas être vexant. l’analyse photo devient alors très vite un récif bien difficile à aborder entre complaisance magnanime et franche assertion assenée avec virulence. Encore une fois, qui détient la vérité ? Il vaut mieux alors ne rien dire que de voir ses mots, ses explications mal perçues, mal interprétées. C’est un principe de précaution, ni plus ni moins. De plus, le photographe demandeur doit être suffisamment responsable pour prendre tout cela au second degré et savoir qu’il est seul maitre de son destin d’artiste et que rien ni personne ne pourra infléchir ses gouts aussi curieux soient-ils tant que ceux ci rentrent dans une certaine charte de qualité. c’est, je pense, à ce niveau que se nivelle le talent du photographe, le mauvais gout étant l’un des principaux ennemis de l’auteur trop obtus. Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, l’artiste sollicité pour émettre sa critique n’a pas, loin sans faux, toujours raison … il n’a simplement pas tord de même que le photographe sous les feux de l’analyse. La différence se fait simplement sur la perception que nous avons, chacun d’entre nous, de la photographie et de la place qu’elle occupe dans notre vie.
Pour finir, je dirai aussi que la différence d’approche se fait aussi sur l’attitude du soit disant “mentor”. Pour ma part, je me demande bien qui suis-je pour me permettre d’analyser avec conviction le produit des uns et des autres. cela serait peut-être possible si j’avais eu, à la limite, le recul d’un grand photographe à la retraite. Ce n’est pas le cas. Il s’avère alors par conséquent que je n’ai pas “l’autorité” nécessaire pour diriger ce type d’exercice. Il n’a pour moi qu’un seul bénéfice, celui de découvrir d’autres univers et de progresser moi aussi, eh oui simplement à mon niveau avec mes exigences, exigences que je peux bien entendu exposer et présenter. C’est évidemment un avis, il en vaut bien d’autres donc à vous la parole !!
CRITIQUEZ, CRITIQUEZ !!
Michel Lecocq
Je suis d’accord avec Michel, les gouts et les couleurs ça ne se mélangent pas.
janvier 19th, 2010 at 9:18La critique photo est une discipline bien difficile à maitriser. J’en sais quelque chose : j’ai crée la plate-forme de critique photo WippiW (http://www.wippiw.com). Entre ceux qui pratiquent la langue de bois et d’autres au contraire trop virulent, ce n’est pas facile.
janvier 27th, 2010 at 22:15Parfois j’ai l’impression qu’on apprend plus en critiquant qu’en se faisant critiquer.
Merci Vincent pour ce commentaire plein de bon sens. Je te rejoins effectivement sur le deuxième point mais j’ajouterai que nous apprenons très égoïstement plus sur nous même que sur l’autre puisque nous faisons inconsciemment référence à nos gout propre lorsque nous sommes sollicités.
Bref, c’est un vaste débat et il faut avoir de bien grande qualité et un bien grand savoir pour manier la critique.
janvier 28th, 2010 at 0:52