“Mat ou brillant ?”, association pour la photo d’auteur

Emmanuel Boitier : contre la morosité ambiante

illustrations à venir

Ces temps derniers, j’ai eu bien du mal à reprendre le crayon ou devrais-je dire le clavier à cause d’un léger vague à l’âme sans doute entretenu par le mauvais temps de ces semaines passées même si le Var n’a eu que très peu à se plaindre des colères de mère nature. Bref, il fallait absolument que je m’immerge à nouveau dans un univers connu plus équilibré. Quoi de mieux alors que de vous parler des images d’Emmanuel Boitier, l’un des deux photographes sélectionnés par l’association “Mat ou Brillant ?”. Il y a des jours ou cela fait du bien de se pencher de toute façon sur le travail des autres.


J‘avais finalement besoin de simplicité. Je vous rassure, il n’y a rien de péjoratif dans tout cela, bien au contraire et quand je regarde les images de paysage d’Emmanuel, notamment le port-folio 1 (“shiro”), c’est un peu cela qui frappe mon esprit avant toute chose : une simplicité de style qui force l’admiration et qui prouve très certainement que l’auteur coupable de tels “méfaits” a la maturité des grands photographes. Je dis cela en toute franchise car, moi même photographe, je me rappelle que trop bien mes débuts et ce fourvoiement perpétuel dans l’excès de détails brouillons : l’apanage des débutants. Ici, nous sentons vite qu’il y a une très bonne maitrise de la profondeur de champs instinctive sans doute car liée à l’habitude mais … évidente. Nous sentons aussi très vite que les cadrages se font à l’oeil et non pas à travers le viseur de l’appareil. Ils sont raisonnés, construits et ne souffrent presque aucune contestation. Je dis presque parce que la perfection n’existe pas et j’ai personnellement tendance à dire que si une image est bonne aujourd’hui, elle le sera moins après celle du lendemain… Ah mais si seulement tout était aussi simple !!

Un autre aspect de son travail nous laisse particulièrement sans voix, c’est la qualité intrinsèque des images tant au niveau de la netteté, des contrastes que de la couleur. Ce sont évidemment les “trois mousquetaires” de la photographie moderne dite numérique et il est maintenant bien inconcevable à tout bon photographe de passer outre ces quelques rehaussements qui amènent la photographie à être plus séduisante. Dans le cas qui nous occupe maintenant, ce qui frappe avant tout, c’est l’équilibre des uns et des autres dans une parfaite harmonie. Nous le devinons d’ailleurs aisément sur des galeries plus précises et “intimes” tel que “Ikimono” ou il est parfois important d’être précis et juste sans quoi le fameux équilibre ci-dessus évoqué est perturbé au grand détriment du résultat final.

Enfin, j’aimerais terminer sur une note plus personnelle. Effectivement, lorsque j’ai rencontré Emmanuel pour la première fois dans le cadre fort sympathique du festival photographique 2009 de Montier-en-Der, je lui avais alors avoué tandis qu’il présentait son exposition “le petit peuple des Maures” que je n’avais eu ni la chance ni la patience de voir les mêmes choses que lui , moi qui suis tant habitué à me balader justement au milieu de cette plaine des Maures si particulière. En y songeant maintenant, je crois que nos deux regards de photographes sont bien différents finalement malgré peut-être une approche similaire car là ou Emmanuel a su aiguiser son regard sur la vie des petites choses … Si surprenante dans nos campagnes, moi, je ne l’ai pas encore fait soit par manque de temps, soit par manque de patience comme je l’ai dit plus haut, soit par ignorance du sujet. Ce qui me fait dire qu’au delà d’être un simple photographe de nature, Emmanuel est aussi , je trouve, un naturaliste accompli. Cela ne s’improvise pas.

Eh bien voila, j’étais allé chercher une thérapie à mes états d’âmes - rien de grave, je vous rassure - et les photographies d’Emmanuel ont eu cette qualité là, celle de guérir les petits maux de ma “tête” trop encombrée par les pollutions de notre société. Pour ceux qui n’ont donc pas cette chance de pouvoir arpenter les chemins de traverse, ces images représentent alors une bonne alternative à la morosité ambiante. Je vous les conseille sans modération.

PETIT RAPPEL IMPORTANT

L’exposition d’Emmanuel Boitier se déroulera à Carnoules du 16 octobre au 30 novembre dans la galerie du domaine du Grand-Cros. le vernissage aura lieu le 16 octobre à partir de 17h30 (à confirmer). les images d’Emmanuel seront aussi représentées pour partie dans la Salle Honoré Daumier de Carnoules du 15 octobre au 30 octobre lors de l’exposition de Franck Olivas dans le cadre de la promotion des auteurs photographes. Ne ratez pas ces deux évènements !!

A très bientôt
Michel Lecocq

mars 16th, 2010 at 1:18


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