“Mat ou brillant ?”, association pour la photo d’auteur

Paysage et photographie de près : le grand écart

Suite au stage du 24 avril , j’ai eu envie de proposer en ligne ce que j’ai rapidement présenté en préambule du stage. L’exercice était de plus très intéressant puisque ce sont deux domaines de la photographie qui sont très différents mais fortement complémentaire pour une pratique variées de cette activité. En effet,autant les éléments techniques du paysage sont assez simples à aborder et à présenter, autant l’acte même de faire l’image est complexe alors que très curieusement, la photographie de près pourtant complexe à expliquer à un néophyte donne souvent sur le terrain assez vite de bon résultats si bien entendu le photographe est patient. Je crois que cela est du essentiellement au fait que la photographie de paysage est foncièrement dépendante de l’environnement , beaucoup plus que nous le croyons alors que la proxy et la macrophotographie ne nécessitent pas d’avoir d’emblée des lieux superbe pour s’exprimer. quand aux conditions extérieures de prises de vue, n’en parlons pas !!

Voila donc un peu comment j’ai simplement présenter les choses. Je penses que ces quelques lignes font une très belle introduction à la pratique de ces activités : BONNE LECTURE !!

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LE PAYSAGE

1 - Définition et origine

D’une façon générale, le paysage est une lecture, une création et une interprétation de l’espace ou s’articulent plusieurs plans et où l’on peut identifier des objets (source Wikipédia). Plus largement nous pouvons dire que c’est ce qui se voit mais depuis peu, le paysage a un sens environnemental fort avec la montée de la prise de conscience écologique. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le paysage est donc une interprétation de ce que propose la nature et cela jusqu’à la sublimation chez certains photographes , artistes de la lumière et de la couleur (en France : Vincent Favre, Xavier Jamonet). Le paysage a acquis ses lettres de noblesses sous l’action des peintres impressionistes et aux Etats-Unis sous l’action des peintres de la « Hudson River School » puis il a, par la suite, été élevé au rang de « grand art » grâce au travail de photographes tels que Ansel Adams et au collectif f/64 (citons aussi Edward Weston).

2 – Technique

Le paysage se définit par :

une exigence d’espace Obtenue par l’utilisation d’objectif dit « grand-angle »

- entre 14 et 35 mm pour un capteur plein format,
- entre 10 et 24 mm pour un capteur plus réduit (x1,5 ou 1,6).

une exigence de netteté à tous niveaux obtenue par l’utilisation de faibles ouvertures (f/11 à f/22)

- Variable en fonction de l’éloignement du 1° plan ou du « plan net »,
- Variable en fonction de la focale utilisée.

Nous parlons de profondeur de champ : c’est la zone de netteté obtenue de part et d’autre du sujet si nous faisons, évidemment, la netteté sur le sujet. Nous parlons aussi d’hyperfocale : c’est la distance minimale à partir de laquelle le sujet est net si nous faisons la mise au point sur l’infini. L’intérêt est de pouvoir choisir l’ouverture parfaite en fonction de la distance du sujet.

Comment obtenir une très bonne netteté ? :

en utilisant un trépied
- pour des photographies en pause longue entre 4 s et 60 s.
- lorsque la lumière vient à manquer pour des vitesses < à 1/40° s.
- et d'une façon générale pour tous les paysages,
en utilisant les différents collimateurs proposés par l'appareil.
en utilsant le retardateur de votre appareil photo,
en utilisant un déclencheur à distance,
en relevant le miroir de l'appareil avant le déclenchement.

3 – Composition

connaître les variations de profondeurs de champs par rapport au matériel dont vous disposez va vous permmettre de construire votre image en fonction de cette distance de mise au point :

- les différents plans de lecture,
- le respect des tiers bien qu’il n’y ait aucune obligation.

Connaître les conditions sur zones va vous permettre de jouer avec les effets proposés par la nature et les différentes couleurs existantes :

- la méteorologie locale,
- les saisons en fonction de la géographie,
- les horaires de prise de vue.

Il est ainsi toujours mieux de faire des images :

le matin :
- Il n’y a bien souvent que très peu de vent et l’air est plus pur
- les couleurs sont donc parfois plus vives par temps clairs
le soir où nous retrouvons bien souvent de belles ambiances.

Et il faut savoir s’adapter aux lieux et aux conditions de prises de vues :

en prenant en compte la conformité du terrain :
- montagne,
- plaine, desert,
- bord de mer …
en prenant en compte l’exposition du site à la lumière
- la lecture de carte est souvent d’une grande aide.

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LA PHOTOGRAPHIE DE PRES

1 - Définition

D’une façon générale, nous parlons le plus souvent de macrophotographie et plus rarement de proxiphotographie. La macrophotographie est l’ensemble des techniques permettant de photographier des objets de petites tailles pour des rapports de grandissement compris entre 1:1 (taille réelle) et 10:1. au delà, nous parlons de microphotographie. La proxyphotographie est l’ensemble des techniques permettant de photographier des objets proches pour des rapports de grandissement compris entre 1:10 et 1:1. Le rapport de grandissement est le rapport de l’objet réel sur son équivalent « image » obtenu à travers un système optique.

Plus généralement, nous pouvons dire que le photographe réalise, dans la plupart des cas, des proxyphotographies, cela vient du fait que la réalisation d’une image au rapport 1:1 nécessite une certaine rigueur mais aussi génère certaines contraintes parfois peux compatibles avec la création artistique. La photographie de près a beaucoup d’adeptes dans le monde mais ne fait pas encore figure de « pièce maîtresse » dans le paysage photographique actuel. Cela est dû au fait qu’il n’y a pas réellement de grands photographes connus pour n’avoir exercé que cette activité.

2 – Technique

La photographie de près et plus précisément la macrophotographie nécessite l’utilisation d’un objectif particulier :

un objectif macrophotographique pour des rapports de grandissement de 1:1.
des additifs optiques pour des rapports de grandissement égaux ou > à 1:1.
- les bonettes qui réduisent la distance minimale de mise au point,
- les soufflets, idem par augmentation cette fois ci du « tirage »
- les bagues allonges, idem
- les téléconvertisseurs qui augmentent le rapport de grandissement.

Le tirage est à peu près égal à la distance qui sépare le centre du bloc de lentilles et le plan de la surface sensible. C’est une définition générale.

La macrophotographie plus que la proxyphotographie est le domaine de la netteté dite « contrôlée » dans le sens ou elle doit être directement associée :
- au rapport de grandissement de 1:1
- à la distance minimale de mise au point
- à la quantité de lumière alors disponible

Ces exigences font que bien souvent, le photographe se dédouane du rapport de grandissement 1:1 pour réaliser des images en proxyphotographie un peu moins contraignantes au niveau de la lumière et plus facile à mettre au point.

Alors comment obtenir une bonne netteté au rapport de grandissement de 1:1 (c’est à dire lorsque la bague de réglage de votre objectif est sur le rapport 1:1 soit à la distance minimale de mise au point) ? sans trépied :

en bougeant son corps d’avant en arrière,
en utilisant une ouverture suffisamment faible : f/11 à f/16,
- pour avoir une plus grande profondeur de champs
- et pour « couvrir » l’ensemble du sujet
en utilisant un flash annulaire si possible dans certains cas.
- lorsque la lumière est insuffisante : vitesse < à 1/200°s
- et pour supprimer des ombres indésirables

Avec trépied, il sera bien difficile de réaliser de véritable macrophotographie, vous entrez alors dans le monde de la proxyphotographie.

3 – Composition

La composition de l’image en photographie de près dépend beaucoup de :

la distance du sujet
- en macrophotographie, au rapport 1:1, c’est la distance de MaP minimale
- en proxyphotographie, elle est variable
la distance du fond
la profondeur de champs
- toujours très faible
- et d’autant plus faible que le sujet est proche pour une ouverture fixe

Il existe toutefois une aide précieuse : le « testeur de profondeur de champ », il vous permet de :

- vérifier la netteté sur le sujet,
- contrôler l’aspect du décor suffisamment flou pour être harmonieux,
- contrôler la distance des différents plans constituant l’image.

En fonction de ce que vous voyez à travers le viseur, vous pouvez alors :

- chercher un meilleur angle d’approche si cela est possible
- trouver un décor de fond plus intéressant,
- jouer avec la lumière ambiante en vous déplacant légèrement.

avril 27th, 2010 at 23:19


One Response to “Paysage et photographie de près : le grand écart”

  1. Marie Chrisstine Says:

    Merci pour ce compte rendu, trés riche en information, clair et concis !!! Tu es un pro. Amitié à ton équipe. Marieb

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